01.08.22
15:36

Un homme contaminé par la variole du singe décède en Inde

Les autorités indiennes ont annoncé lundi la mort d'un homme contaminé par la variole du singe, récemment rentré des Emirats Arabes Unis, ce qui pourrait constituer le premier cas mortel de la maladie en Asie.

Le ministère de la Santé de l'Etat du Kerala, dans le sud de l'Inde, a précisé que des tests sur la victime de 22 ans décédée le 30 juillet après avoir été testé positif "montrent que l'homme avait la variole du singe".

Ce décès est le quatrième lié à cette maladie hors d'Afrique.

L'OMS a déclenché le 24 juillet le plus haut niveau d'alerte, l'Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), pour renforcer la lutte contre la variole du singe, aussi appelée orthopoxvirose simienne.

La victime indienne est décédée une semaine après avoir été hospitalisée à son retour des Emirats Arabes Unis. Il n'était pas encore établi clairement si la cause du décès était la variole du singe.

"Le jeune homme n'avait pas de symptômes de variole du singe. Il a été admis à l'hôpital avec des symptômes d'encéphalite et de fatigue", a indiqué dimanche la ministre de la Santé du Kerala, Veena George, citée par le quotidien Indian Express.

Vingt personnes identifiées comme étant à haut risque ont été placées en observation, a-t-elle précisé, y compris des parents, amis et du personnel médical, susceptibles d'avoir été en contact avec la victime. 

Selon l'OMS, plus de 18.000 cas de variole du singe ont été détectés à travers le monde en dehors de l'Afrique depuis début mai, la plupart en Europe.

L'Espagne a annoncé la semaine dernière deux cas de décès liés à la variole du singe et le Brésil un.

Il n'est toutefois pas établi précisément que la variole du singe est à l'origine de ces trois décès. Des autopsies sont encore en cours en Espagne. Au Brésil, les autorités affirment que le patient décédé avait d'autres pathologies graves.

L'Inde a enregistré au moins quatre cas de la maladie, dont le premier le 15 juillet chez un autre homme de retour au Kerala après un voyage aux Emirats Arabes Unis.

 

Faut-il s'inquiéter en Belgique ?

"Il ne faut pas s'inquiéter. Je pense qu'il faut d'ailleurs relativiser totalement les choses. On a vu ça en Espagne, sur plus de 4.000 cas connus dans le pays. On sait qu'il y a un décès au Brésil sur un bon millier de cas connus. On connaît peu de chose du décès espagnol. On sait qu'au Brésil, par contre, c'est une personne qui a été profondément immunodéprimée par un lymphome et donc ce sont des situations dans lesquelles cette pathologie peut entraîner cette issue mortelle."

nous a expliqué Yves Van Laethem, spécialiste des maladies infectieuses.

"Nous avons à peu près 400 cas en Belgique, qui augmentent régulièrement mais de manière non exponentielle, et nous n'avons pas encore été confrontés à une situation extrême . Je pense qu'il faut vraiment garder la mesure. Le risque de transmission dans le monde homosexuel existe. Le risque de transmission pour la population générale est très faible et heureusement, le risque de mortalité reste très faible pour tout le monde",

a rassuré le médecin dans notre journal.


Et la vaccination ?

"On se trouve devant une pathologie pour laquelle existe un vaccin en petites quantités, je dirais malheureusement et on le comprend puisque cette pathologie était finalement très très très peu présente de par le monde. Ce vaccin n'est disponible que de manière assez restreinte et la Belgique a actuellement obtenu 3000 doses avec 30 000 doses qui vont arriver à l'automne. Il faut donc utiliser les cartouches au mieux, l'employer dans les meilleures situations.",

a souligné M. Van Laethem.

"Jusqu'à présent, c'était purement réservé à quelqu'un qui avait été en contact avec le virus. On sait que ce vaccin a la propriété de bloquer la maladie ou de l'atténuer s'il est donné dans les quelques premiers jours après le contact. Mais on se rend compte que ça ne fonctionne pas très bien. Le cas arrivent trop tard et pour suivre les recommandations internationales, entre autres celle de l'ECDC, le Centre européen des maladies, la Belgique, va entrer dans une situation où elle va avoir une vaccination à l'avance."

 

Quels groupes vacciner ?

"Je pense qu'il faut être clair. La maladie elle-même n'est pas liée au fait d'être homosexuel. La maladie est liée à un contact proche dans lequel on est proche de quelqu'un: transmission par des gouttelettes, pas par les micros aérosols comme dans le Covid, simplement par des gouttelettes et surtout transmission par contact avec les lésions cutanées que l'on peut avoir.",

a indiqué Yves Van Laethem.

"Et c'est dans ce contexte de contact qui est exacerbé dans une partie du monde homosexuel, entre autres,  que la maladie a pris son cours et s'est développée quasi exclusivement dans le monde homosexuel et bisexuel. De par le monde actuellement en Europe, aux États-Unis, en Australie, etc. 98% à 99% cas sont retrouvés dans le milieu en question et donc ce n'est pas stigmatisant.",

a-t-il ajouté.

"Mais il faut savoir que c'est là que le problème se trouve et donc c'est dans ce contexte que l'on va proposer une vaccination tant aux travailleurs du sexe masculin ou transgenre qui de par leur fonction, sont à risque pour eux-mêmes et à risque de transmission aux personnes homosexuelles HIV positives ou qui prennent un médicament (qui ne sont pas HIV positives) pour éviter de devenir HIV positive et qui ont un certain nombre de risques qui est transmis, si on peut dire,  qui est reconnu par le fait qu'elles ont fait un certain nombre de maladies sexuellement transmises. Ça, ce sont vraiment les deux grands groupes qui vont se voir offrir cette vaccination et de manière beaucoup plus limitée les personnes qui travaillent dans les laboratoires avec des cultures virales ou des personnes à haut risque parce que immunodéprimées.",

a détaillé le spécialiste.

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