30.07.22
09:45

Entre 700 et 800 personnes ont passé la nuit dans le train à Bruxelles-Midi

La situation revenait progressivement à la normale samedi pour la circulation des Thalys entre la France et la Belgique, interrompue vendredi à cause d'un choc avec un animal, mais les voyageurs ne cachaient pas leur mécontentement. 

"Cela va beaucoup mieux, la situation se rétablit progressivement", a indiqué une porte-parole de Thalys.

"Ala suite de l'incident d'hier, des perturbations sont encore à prévoir ce jour", indiquait samedi matin le site de la compagnie basée à Bruxelles, mais le lien devant permettre d'avoir des informations en temps réel conduisait les voyageurs sur une page d'erreur. 

Des milliers de passagers sont restés bloqués dans des trains jusque tard dans la soirée vendredi, ou ont dû attendre un train qui n'est jamais parti.

A Paris et Bruxelles, les clients se sont vu proposer de rentrer chez eux en taxi, de dormir à l'hôtel ou dans des rames Thalys restées en gare, a indiqué la porte-parole. 

Entre 700 et 800 personnes ont ainsi passé la nuit à Bruxelles-Midi dans le Thalys, selon la porte-parole. D'autres ont fait de même à Paris, mais Thalys et la SNCF -son actionnaire majoritaire- étaient samedi incapables de dire combien.

Dans la matinée, les trains accusaient entre 10 et 50 minutes de retard Gare du Midi à Bruxelles, a constaté l'AFP sur place.

Deux passagers belges, Sarah Duray et son mari, arrivaient de Paris, où ils ont dû passer la nuit à l'hôtel, à la suite de l'annulation de leur Thalys vendredi soir.

"On peut comprendre qu'il y ait des accidents. Ce qu'on reproche à Thalys, c'est le manque de communication. C'est +débrouillez-vous+, il n'y a pas d'interlocuteur", déplore la passagère, qui n'a pas pu prendre son traitement médical habituel en raison de cette nuit imprévue passée loin de chez elle.

 

Annonces en français 

Jurgen Thysmans et sa famille ont aussi été contraints de prendre une chambre d'hôtel à Paris vendredi soir, après avoir attendu six heures Gare du Nord. "Je suis heureux d'être arrivé à Bruxelles! On va réclamer une compensation", dit-il à l'AFP, regrettant aussi de n'avoir pu joindre personne chez Thalys. "On était seuls pour trouver les solutions!"

Un journaliste de l'AFP en partance pour Amsterdam a ainsi attendu, en vain, pendant quatre heures vendredi soir, Gare du Nord à Paris. Il n'a pas voulu attendre davantage pour récupérer un bon de taxi, est rentré chez lui et est revenu à 06H00 du matin pour sauter, sans billet, dans un train.

Malgré un retard de plus d'une heure au départ, le voyage s'est bien passé jusqu'à Bruxelles, raconte-t-il, "recroquevillé entre deux valises". Mais les voyageurs des deux rames qui continuaient vers les Pays-Bas ont dû se serrer dans une seule à Bruxelles, tandis que le train prenait de plus en plus de retard.

"On est devant une incompétence folle", s'emporte Thimothé, un étudiant en école de commerce de 23 ans voyageant debout depuis le changement à Bruxelles.

Arrivé une heure en avance vendredi pour prendre un train qui n'était jamais parti à 17H25, il a attendu jusqu'à 22H30, n'ayant récupéré qu'une bouteille d'eau. Des gens dormaient dans le train quand il est revenu samedi à 05H40, raconte-t-il.

"Ce qui est frustrant c'est que Thalys n'a pas donné d'informations. Qu'il y ait un problème de train, OK. Mais les employés sur place disaient des approximations", se plaint-il. "C'est honteux, on paye super cher et on a une prestation inadmissible. Le niveau de médiocrité est extrême!" 

Gare du Nord à Paris, "les panneaux d'informations étaient seulement en français, les étrangers ne pouvaient rien comprendre", ajoute Cathleen Parsons, 34 ans, Néerlandaise de retour de vacances à Paris. Les annonces sonores étaient inaudibles, ajoute-t-elle. 

Un animal avait été heurté par un train en provenance de Bruxelles vendredi à 15H55, à la hauteur de Tournai (ouest de la Belgique).

"Il y a eu un dégagement de fumée et ce heurt a engendré un problème technique sur la motrice qui a nécessité l'arrêt du train et la coupure de l'électricité", a raconté une porte-parole à l'AFP. 

Déjà affectée par d'autres incidents, Thalys avait réduit ses fréquences en annulant jusqu'à début septembre environ 10% de ses trains pour pouvoir réparer deux rames.

 

AFP

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