29.07.22
21:52

L'Allemagne appelle la Turquie à respecter la souveraineté des îles grecques

La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a rejeté vendredi à Athènes les revendications territoriales turques sur les îles grecques en mer Egée, appelant Ankara à respecter la souveraineté de la Grèce, quelques heures avant sa visite en Turquie.

"Les îles grecques de Lesbos, Chios, Rhodes et bien d'autres sont des territoires grecs et personne n'a le droit de le remettre en question", a déclaré la cheffe de la diplomatie allemande aux côtés de son homologue grec Nikos Dendias, au deuxième jour de sa visite dans la capitale grecque.

La Grèce et la Turquie, des pays frontaliers et membres de l'Otan, s'opposent historiquement au sujet de l'espace aérien et des zones maritimes de la mer Égée, où les tensions ont récemment été exacerbées par la découverte de riches réserves de gaz.  

Ces derniers mois, Ankara a menacé de contester la souveraineté de la Grèce sur ses îles égéennes si elle continuait à y baser des troupes.

Le gouvernement allemand "ne laissera planer aucun doute sur le fait que nous sommes solidairement aux côtés de la Grèce", a assuré la ministre allemande, plaidant pour le dialogue entre les deux pays voisins et "le respect de la souveraineté de chacun".

"Pour moi, il est clair que nous devons régler les conflits entre partenaires de l'OTAN par le dialogue", a déclaré Annalena Baerbock, qui devait se rendre en Turquie vendredi après-midi pour une visite de deux jours.

"Les querelles dans les rangs de l'Alliance sont exactement ce que veut le président russe" Vladimir Poutine, a-t-elle encore fustigé au cours d'une conférence de presse commune.

Le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias a pour sa part critiqué la livraison prévue de matériel militaire allemand en Turquie. Ankara a créé une coentreprise avec l'allemand Thyssen Krupp Marine Systems pour construire six sous-marins de classe 214.

"Avec ces sous-marins, le risque est grand que le rapport de force en Méditerranée orientale soit déstabilisé" et ceci "en faveur d'un pays qui, bien que membre de l'Otan, a émis (une menace de guerre) contre la Grèce", a-t-il dit à l'issue des entretiens avec son homologue allemand. 

M. Dendias avait déjà écrit au précédent chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, en 2020, pour demander de bloquer des ventes de matériel militaire à la Turquie. 

Athènes a récemment signé de son côté un accord de plusieurs milliards d'euros avec la France pour l'acquisition d'avions de combat Rafale et de frégates Belharra et s'apprête à commander prochainement au moins un escadron d'avions de combat américains F-35.

Par ailleurs sur la question des  réparations allemandes, Nikos Dendias a rappelé qu'Athènes maintenait sa demande d'indemnisation pour la période d'occupation allemande entre 1941 et 1944. Mais Annalena Baerbock a réitéré la position de Berlin, qui ne voit aucune base juridique à de telles demandes.

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