25.07.22
16:48

Birmanie: l'ONU condamne les exécutions par la junte, une mesure "cruelle et régressive"

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a condamné lundi l'exécution par la junte birmane de quatre prisonniers, dont un ancien député du parti pro-démocratie d'Aung San Suu Kyi, qualifiant la mesure de "cruelle et régressive".

"Je suis consternée qu'en dépit des appels lancés dans le monde entier, les militaires aient procédé à ces exécutions sans aucun égard pour les droits humains. Cette mesure cruelle et régressive s'inscrit dans le prolongement de la campagne de répression que les militaires mènent actuellement contre leur propre peuple", a affirmé Michelle Bachelet dans un communiqué.

Ces exécutions constituent la première application de la peine de mort en Birmanie depuis plus de trois décennies.

Elles "constituent des violations cruelles des droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, et des garanties à un procès équitable. Si les militaires étendent leur massacre, ils ne feront que s'enliser davantage dans la crise qu'ils ont eux-mêmes créée", a relevé Mme Bachelet.

Les quatre personnes exécutées avaient été condamnées pour des "actes de terreur brutaux et inhumains" et les exécutions ont suivi "les procédures de la prison", a affirmé le journal d'Etat Global New Light of Myanmar, sans préciser comment ni quand elles ont eu lieu.

Depuis le coup d'Etat militaire du 1er février 2021, des dizaines d'opposants à la junte ont été condamnés à mort, mais aucune exécution n'avait eu lieu jusqu'à présent. 

Selon l'ONU, depuis le coup d'Etat militaire du 1er février 2021, 117 personnes, y compris deux enfants, ont été condamnées à mort, dont 41 par contumace. Et plus de 11.500 personnes sont toujours en détention pour s'être opposées à la prise de pouvoir par les militaires.

La Haute-Commissaire a appelé à la "libération immédiate de tous les prisonniers politiques et des autres personnes détenues arbitrairement", et a exhorté le pays à rétablir son moratoire de facto sur l'application de la peine de mort, en tant qu'étape vers une éventuelle abolition".

"Le plus inquiétant est que plus de 30% des plus de 2.100 personnes tuées depuis février 2021 sont mortes en détention militaire - la plupart à la suite de mauvais traitements", a soutenu Mme Bachelet.

"Les militaires ne semblent pas vouloir mettre fin à cette crise ou réduire la violence conformément à leurs obligations internationales, sans parler de la volonté de respecter les procédures, la justice ou l'État de droit", a-t-elle affirmé.

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