Isopix
15.07.22
17:00

La course à Downing Street se tend avant le premier débat entre candidats

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss essaie de combler son retard dans une course à Downing Street de plus en plus âpre vendredi, avant un premier débat télévisé dans la soirée entre prétendants pour remplacer Boris Johnson.

Ils sont encore cinq dans la course au pouvoir lancée après l'annonce jeudi dernier de la démission de Boris Johnson, emporté par une avalanche de départs déclenchée par un trop-plein de scandales.

A l'issue du deuxième tour de vote jeudi, les députés conservateurs ont placé en tête l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak (101 voix), devant la  secrétaire d'Etat au Commerce international Penny Mordaunt (83 voix), candidate préférée des adhérents selon les sondages, et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (64 voix).

La cheffe de la diplomatie cherche désormais à rallier autour d'elle la droite du parti conservateur. Elle a reçu jeudi soir le soutien de la conseillère juridique du gouvernement Suella Braverman, qui a été éliminée avec 27 voix.

 

Promesse de poste

L'ex-négociateur du Brexit David Frost a appelé l'ex-secrétaire d'Etat à l'Egalité Kemi Badenoch, qui se définit comme candidate "anti-woke" à se retirer de la course pour soutenir Liz Truss.

Un appel rejeté par le camp de Kemi Badenoch, qui soutient qu'elle est "là pour gagner", tandis que l'un des soutiens de Rishi Sunak, le député Simon Hoare, a étrillé David Frost, ancien "ministre non-élu qui a échoué".

Dans une compétition très ouverte, Mme Truss semble à la peine derrière Penny Mordaunt, quasi-inconnue il y a encore une semaine, mais qui est donnée gagnante face à n'importe lequel de ses rivaux en finale.

Déjà attaquée par David Frost, qui a émis de "sérieuses réserves" sur sa capacité à diriger le pays, Penny Mordaunt a répliqué. "Les gens veulent m'empêcher d'arriver en finale parce qu'ils ne veulent pas se retrouver face à moi", a-t-elle déclaré sur Sky News.

 

"Se battre face au Labour"

Une fois le casting du face-à-face final déterminé par les députés du parti - qui doivent poursuivre la série de votes éliminatoires la semaine prochaine - le choix reviendra aux membres du parti conservateur.

Le résultat du scrutin, qui se tiendra par correspondance pendant l'été, est attendu le 5 septembre.

Les cinq candidats doivent se retrouver vendredi sur le plateau de Channel 4 pour un débat à partir de 18H30 GMT. Deux autres sont prévus dimanche et mardi.

"Ce n'est pas un combat au couteau dans une cabine téléphonique, il s'agit de gouverner le Royaume-Uni, changer la manière dont notre pays est gouverné et dans deux ans se battre face au Labour" lors des élections générales, a déclaré vendredi matin sur Sky News le candidat Tom Tugendhat, président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes.

Avant cette première confrontation, les cinq candidats se sont retrouvés vendredi après-midi lors d'une séance de questions réponses en ligne organisée par l'influent site ConservativeHome. Ils ont notamment été interrogés sur la crise du coût de la vie et la guerre en Ukraine.

"Nous devons non seulement restaurer la confiance, reconstruire notre économie et réunir le pays, mais nous devons aussi faire quelque chose qui n'a jamais été fait dans l'histoire politique britannique, et c'est remporter une cinquième élection", a affirmé Rishi Sunak.

"Rappelons nous qu'alors que nous choisissons un nouveau dirigeant, la nation nous regarde choisir un nouveau Premier ministre. Nous devrions nous concentrer sur les problèmes qui comptent pour eux (les Britanniques)", a souligné Penny Mordaunt, attaquée ces derniers jours par ses adversaires pour des propos jugés trop "woke" concernant les personnes transgenres.

Si Boris Johnson s'est gardé d'exprimer publiquement tout soutien pour "ne pas nuire aux chances de qui que ce soit", il exhorte selon le Times les candidats éliminés à soutenir "n'importe qui sauf Rishi" Sunak.

La garde rapprochée du futur ex-Premier ministre est convaincue que l'ex-Chancelier de l'échiquier de 42 ans, dont le départ du gouvernement a contribué à précipiter la chute de Boris Johnson, attendait son heure depuis des mois. Ce dont les soutiens de Rishi Sunak se défendent.

 

AFP

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