07.07.22
08:20

Nommé mardi, le nouveau ministre des Finances appelle Boris Johnson à "partir"

Le tout nouveau ministre britannique des Finances Nadhim Zahawi, nommé mardi après la démission choc de Rishi Sunak, a appelé jeudi le Premier ministre Boris Johnson "à partir maintenant". 

"Premier ministre, vous savez au fond de vous quelle est la bonne chose à faire, et partez maintenant", a-t-il écrit dans une lettre publiée sur Twitter et adressée au Premier ministre alors que plus de 50 membres du gouvernement ont démissionné en deux jours.

Peu avant, le sous-secrétaire d’Etat à la justice remet à son tour sa démission à Boris Johnson, expliquant qu’il est "clairement impossible de continuer". En parallèle, plusieurs députés conservateurs appellent le premier ministre à la démission. Sir Bernard Jenkin, député de Harwich et du nord de l’Essex, a déclaré à la BBC qu’il n’y a "pas de doute sur le fait que c’est terminé pour Boris Johnson en tant que premier ministre".

Plus tôt ce matin, de nouveaux ministres ont annoncé leur démission du gouvernement, certains en publiant sur Twitter leur lettre adressée à Boris Johnson. Il s’agit d’Helen Whately, la secrétaire d’Etat au Trésor, et de Brandon Lewis, le ministre chargé de l’Irlande du Nord, le ministre à la sécurité et aux frontières, Damian Hinds, et le sous-secrétaire d’Etat à la science, George Freeman.

Dans sa lettre de démission adressée au premier ministre britannique, Helen Whately a déclaré qu’elle avait plaidé en faveur du maintien de Boris Johnson ces derniers mois, mais que "le nombre de fois où l’on peut s’excuser et passer à autre chose est limité », rapporte la BBC. "Trop c’est trop. Cela ne peut plus durer", a écrit de son côté George Freeman, tandis que Damian Hinds estime que "pour notre pays, et la confiance en notre démocratie, nous devons avoir un changement de leadership".

 

 

Le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, Brandon Lewis, a également annoncé qu'il démissionnait lui aussi du gouvernement Johnson, qui a perdu cinquante membres depuis mardi soir.

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"Un gouvernement décent et responsable repose sur l'honnêteté, l'intégrité et le respect mutuel - c'est avec un profond regret personnel que je dois quitter le gouvernement étant donné que j'estime que ces valeurs ne sont plus défendues", a-t-il estimé dans une lettre publiée sur Twitter et adressée au Premier ministre Boris Johnson.

Estimant que le gouvernement avait atteint "un point de non retour", Brandon Lewis est le quatrième ministre de haut rang à annoncer sa démission depuis mardi soir. 

Sa démission intervient dans un contexte tendu autour de l'Irlande du Nord, Londres ayant présenté un projet de loi pour une révision unilatérale des dispositions douanières post-Brexit dans la province, jugée illégale par l'Union européenne qui laisse planer la menace de représailles commerciales. Depuis mardi soir, 50 membres du gouvernement ont démissionné, les derniers en date étant M. Lewis, suivi mercredi matin par trois secrétaires d'Etat.

Tentaculaire avec une multitude de secrétaires d'Etat, le gouvernement britannique comptait avant la fronde près de 120 membres. La valse des démissions a commencé mardi soir quand, sans crier gare, les ministres de la Santé Sajid Javid et des Finances Rishi Sunak ont claqué la porte, suivis par d'autres membres du gouvernement de rang moins élevé.

Englué dans des scandales répétés, accusé de mensonges répétés, Boris Johnson a balayé toute la journée les appels à la démission venant y compris de ses fidèles, limogeant dans la soirée mardi son ministre Michael Gove, chargé du rééquilibrage territorial, qui dans la matinée l'avait lui aussi appelé à partir.

Boris Johnson a affirmé qu'il comptait rester à son poste pour se consacrer "aux problèmes extrêmement importants" auxquels le pays est confronté, selon la presse.

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