06.07.22
14:22

Pollution près d'Anvers: une firme américaine s'engage à verser 571 millions d'euros

La multinationale américaine 3M a conclu mercredi un accord avec les autorités régionales de Flandre, pour remédier à hauteur d'un total de 571 millions d'euros aux rejets polluants autour de son usine de Zwijndrecht près d'Anvers.

Dans un communiqué commun, le gouvernement flamand et 3M Belgique ont souligné que ce règlement à l'amiable résolvait "les désaccords en cours" liés à une pollution persistante par des substances chimiques de la famille des PFAS (alkyls perfluorés et polyfluorés).

Ces produits, notamment utilisés dans les emballages et les revêtements imperméables, ont déjà valu à 3M des actions en justice aux Etats-Unis à cause de rejets ayant contaminé l'eau potable. Ils peuvent se retrouver dans les sols, l'air, les poussières.

Le règlement de ce litige belge va entraîner l'enregistrement par 3M d'une provision pour "charges exceptionnelles" dans son bilan financier du 2e trimestre 2022, précise le communiqué.

 

Des mesures pour dépolluer

Sur cette enveloppe de 571 millions d'euros, qui va permettre une série de "mesures correctives" pour dépolluer les sols ou mieux contrôler la potentielle dispersion de PFAS dans l'air, un montant de 120 millions avait déjà été promis par 3M, est-il rappelé.

Les sommes supplémentaires que 3M s'engage à verser doivent en particulier aider le gouvernement régional dans sa politique de protection des sols et de l'environnement.

Cette pollution des sols et des eaux souterraines autour de l'usine anversoise avait été vivement dénoncée en juin 2021 par l'ONG Greenpeace.

Elle avait été mise en évidence à l'occasion d'analyses pratiquées après des excavations liées aux travaux d'extension du périphérique de la cité portuaire.

Les niveaux de pollution jugées inquiétants concernaient entre autres le PFOS, ou sulfonate de perfluorooctane, un produit de la famille des PFAS que 3M a cessé de produire en 2002 mais qui est classé parmi les polluants organiques persistants. Il est considéré comme un perturbateur endocrinien. 

A partir de juillet 2021, les autorités de Flandre avaient invité un millier de riverains à se faire pratiquer des tests sanguins pour mesurer leur exposition aux polluants (dont des traces peuvent se retrouver sur les coquilles d'oeufs produits à la ferme, dans l'eau potable ou sur les fruits et légumes des maraîchers avoisinants).

Les résultats tombés fin octobre avaient été jugés "très mauvais". 

Une étude s'appuyant sur 796 prélèvements sanguins avait révélé que 59% des habitants de cette zone présentaient une concentration de PFOS très haute, avec de "possibles effets néfastes sur la santé à long terme", selon la région.

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