06.07.22
14:46

A l'Assemblée nationale, les députés de gauche déposent leur motion de censure contre le gouvernement

Les quatre groupes de gauche à l'Assemblée nationale ont déposé mercredi leur motion de censure en signe de "défiance" à l'égard du gouvernement, juste avant la déclaration de politique générale d'Élisabeth Borne, a-t-on appris de sources parlementaires.

"En l'absence de vote de confiance", qui n'a pas été demandé par la Première ministre, "nous n'avons d'autre choix que de soumettre cette motion de défiance", justifient les groupes LFI, PS, écologiste et communiste, alliés dans la coalition Nupes, dans leur texte remis à la présidence de l'Assemblée nationale et transmis à la presse.

De son côté, la Première ministre a affirmé devant l'Assemblée que "le désordre et l’instabilité ne sont pas des options".

"Nous mesurons l'ampleur de la tâche, nous ne pouvons pas décevoir. Les Français par les urnes nous demandent d'agir et d'agir autrement ensemble",

a-t-elle déclaré.

 

Des "réponses radicales à l'urgence écologique"

La Première ministre Elisabeth Borne a promis mercredi des "réponses radicales à l'urgence écologique", que ce soit "dans notre manière de produire, de nous loger, de nous déplacer, de consommer".

"Dès le mois de septembre, nous lancerons une vaste concertation en vue d'une loi d’orientation énergie-climat", a-t-elle ajouté lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, en promettant de définir "filière par filière, territoire par territoire" des "objectifs de réduction d'émissions, des étapes et des moyens appropriés".

 

Une motion pour faire tomber le gouvernement

La motion devra être soumise au vote de l'Assemblée nationale au moins 48 heures après son dépôt, en vertu de l'article 49-2 de la Constitution, soit vendredi en début d'après-midi au plus tôt. Pour faire tomber le gouvernement, il lui faudrait réunir une majorité absolue, ce qui paraît très peu probable faute d'un rassemblement des oppositions.

Les signataires déplorent le refus de Mme Borne de solliciter un vote, alors que la situation voulue par les Français "offre une opportunité inédite à l'expression d'un véritable parlementarisme".

La cheffe du gouvernement ne dispose que d'une majorité relative. Elle rejoint ses sept prédécesseurs de gauche comme de droite qui ont renoncé à solliciter la confiance des députés sous la Ve République lors de leur déclaration de politique générale.

"En l'absence de vote de confiance, et sans réaction des parlementaires, la minorité présidentielle ne manquerait pas d'invoquer une confiance implicite du Parlement", estiment les groupes de gauche Nupes.  

Selon eux, "le choix est fait de rompre l'équilibre institutionnel actuel du Premier ministre, évidemment choisi par le président de la République mais dont la légitimité procède aussi du Parlement".

Les groupes RN et LR n'ont pas prévu de voter la motion. "On attend déjà que Mme Borne nous dise où elle veut emmener le pays", explique un des porte-parole du groupe d'extrême droite, Sébastien Chenu. "On veut profiter de la situation pour obtenir des avancées", abonde le patron des députés LR, Olivier Marleix.

Pour Raquel Garrido (LFI), il est "regrettable que des partis élus pour ne pas faire la politique macroniste, au final viennent aider la macronie". 

Partager cet article

Partager cet article

En lien avec l'article