05.07.22
18:44

Le Covid est-il bien parti pour encore gâcher notre été ?

Depuis deux ans, l'été rime souvent avec accalmie des infections liées au Covid-19. Mais cette année, le coronavirus pourrait venir gâcher ces deux mois de vacances car les contaminations sont en hausse. Il y a en moyenne plus de 5.000 cas quotidiens en Belgique. La faute en grande partie aux sous variants B A5. Il pourrait provoquer une nouvelle vague d'infections. 
 

Pourquoi une telle augmentation ?

"Alors c'est vrai qu'on a une augmentation exponentielle malheureusement des contaminations alors que celles ci en plus sont sous évaluées parce que les gens font beaucoup moins de tests PCR ou de tests classiques. Mais c'est vrai en effet qu'on a cette augmentation surtout dans la tranche d'âge des 20-65 ans. Donc on voit celles et ceux qui ont repris les activités sociales. C'est dû aussi au fait que, comme vous l'avez dit, il y a une pénétration de deux sous variants, le Ba4 et le Ba5 qui sont plus contaminants, toujours plus.

Et alors le fait aussi que notre immunité post vaccination ou post infection diminue fortement puisqu'on voit que l'immunité post infection à l'Omicron est une immunité très faible qui ne résiste pas dans le temps, donc on risque de se ré infecter mais on ne risque pas a priori des formes graves, surtout si on a été contaminé aussi tôt, si on a fait ses doses vaccinales",

explique clairement l'épidémiologiste Yves Coppieters dans notre journal.

"Les plus fragiles immunodéprimés qui n'auraient pas été vaccinés à plus de 70 ans ou qui sont fragiles sur un plan purement personnel doivent continuer absolument à se protéger et les personnes de leur entourage doivent faire des efforts pour réappliquer potentiellement les gestes barrières.",

poursuit le professeur en santé publique.

 

Vers de nouvelles mesures sanitaires ?

"Alors c'est compliqué parce que d'abord c'est un choix politique. Mais je pense qu'à ce stade ci, imaginer des mesures à l'échelle de la population n'a pas beaucoup de sens. Je pense qu'il faut conscientiser et sensibiliser les personnes fragiles.

Ça reste vraiment une épidémie de personnes à risque de faire des formes graves. Et donc on parle bien des personnes qui auraient perdu leur protection immunitaire suite à la vaccination, de personnes qui sont immunodéprimées ou celles qui ont des comorbidités qui n'auraient pas été vaccinées particulièrement, surtout au dessus de 65 ou 70 ans.

Donc, c'est bien de ces personnes là qu'on parle en terme de protection. Et lorsque ces personnes se retrouvent dans des lieux mal ventilés avec beaucoup de monde etc, elles doivent se protéger et leur entourage doit aussi faire cet effort là.",

argumente le spécialiste.

"Alors c'est vrai qu'on a aussi des maisons de repos qui sont quand même fortement à risque ou peuvent être des milieux de vie particuliers. Et là on pourrait préconiser des mesures, je ne pense pas des mesures obligatoires, mais plus de mesures de sensibilisation pour éventuellement anticiper déjà les problèmes qu'on pourrait avoir dans les jours qui viennent.",

indique Yves Coppieters, en ajoutant que des gestes barrières à l'extérieur pour toute la population ne sont pas encore raisonnables.

 

Une quatrième dose en septembre ?

Selon Yves Coppieters, "ça n'a aucun sens d'envisager cette quatrième dose à ce stade ci de l'épidémie" en terme de stratégie de santé publique pour toute la population. Cependant, chez ces personnes à risque, il faut absolument avoir un contact avec son médecin et éventuellement envisager cette deuxième dose de booster, poursuit le professionnel de santé.

Partager cet article