04.07.22
12:14

Inondations de juillet 2021: le gouvernement wallon fait le bilan

C'est aujourd'hui que la Région wallonne présente le bilan des inondations de l'été dernier. La soudaine montée des eaux avait fait 39 morts et plus de 100.000 sinistrés. Quelque 209 communes ont été touchées. Le gouvernement wallon a présenté ce bilan chiffré ce matin.

 

Le 14 juillet 2021, il y a près d’un an, la Wallonie connaissait les pires inondations de son histoire moderne : 209 communes (sur 262) étaient frappées par des pluies diluviennes. Du jamais vu en Wallonie.

La province de Liège et la vallée de la Vesdre furent tout particulièrement meurtries.

Selon la police, 39 personnes sont malheureusement décédées. 100.000 personnes ont été sinistrées.

Les inondations, ce sont également :

  • 9.670 hectares sous eau, des milliers d’indépendants et d’entreprises impactés voire totalement hors d’état de fonctionner,
  • près de 48.000 bâtiments (dont 45.000 logements),
  • plus de 11.000 voitures, des centaines d’ouvrages d’art détruits ou endommagés,
  • 559 ponts abimés et 160 infrastructures sportives endommagées.

Au lendemain des inondations,

  • 15.000 foyers se sont retrouvés sans gaz,
  • 66.500 sans électricité et 47.000 sans eau.

A ce stade, le coût des inondations de juillet 2021 pour la Région wallonne est de 2,8 milliards d’euros.

 

Indemnisation des personnes sinistrées

En automne 2021, le Gouvernement a sollicité le Parlement afin de modifier spécialement les conditions d’accès au fonds des calamités afin de permettre aux personnes sinistrées non-assurées de bénéficier d’une aide financière (limitée). 

- Le Fonds des calamités a reçu à ce jour 7.673 demandes d’indemnisation. Ces demandes d’indemnisation concernent 10.640 types de biens différents (biens immeubles, biens meubles, véhicules, biens professionnels, biens agricoles et biens forestiers).

Il est à noter que le Fonds des calamités ne comptait que 3 personnes avant les inondations de juillet. Ils sont maintenant 41. Le dernier agent vient d’entrer en fonction vendredi passé, tant les procédures d’engagement sont longues.

 

Parmi ces 7.673 demandes,

  • 2.812 dossiers nécessitent des informations complémentaires de la part des sinistrés.
  • 1.911 demandes ont fait l’objet de décisions positives ; 1.696 dossiers sont refusés car non conformes aux critères d’admission au fonds (critères décrétaux),
  • 697 dossiers sont en cours d’expertise sur le terrain
  • et 557 sont en cours de traitement.

 

Le lendemain de la catastrophe, le Gouvernement a négocié avec les compagnies d’assurance pour permettre aux personnes sinistrées assurées de bénéficier d’une indemnisation complète en fonction des clauses de leur police d’assurance et des accords avec les experts.

Une loi fédérale permet en effet aux assureurs de limiter les indemnisations versées aux sinistrés en cas de catastrophe de grande ampleur. Dans le cas des inondations de juillet dernier, les assurés n’auraient touché que 20% du montant des dégâts estimés par leur assureur.

A la lumière du drame humain que représentaient les inondations, le Gouvernement a décidé d’accomplir un effort financier sans précédent d’un milliard d’euros pour permettre l’indemnisation complète des personnes sinistrées assurées.

Après négociation, les assureurs ont quasiment doublé leur plafond d’intervention. C’est ainsi qu’à ce stade les assureurs interviennent à raison de 41% et le Gouvernement à raison de 59%.

Afin de permettre aux personnes sinistrées assurées et désemparées face aux complications administratives, le gouvernement a ouvert, le 20 mai 2022, une ligne directe au 1718.

 

Au 30 juin 22, on comptait

  • 143 appels en français
  • 6 appels en allemand
  • 88 formulaires qui ont été transmis auprès de l’ombudsman des assurances et Assuralia

 

Soutien alimentaire

Le Gouvernement a financé la distribution de plus de 600.000 repas chauds aux sinistrés entre la mi-septembre et la mi-mars. Dans un premier temps, l’aide alimentaire s’est organisée au niveau des bénévoles. Très rapidement, la Défense et la Croix-Rouge sont également intervenues. Une fois la phase de crise aigüe passée, la Région wallonne a repris la distribution des repas aux sinistrés.

 

Relogement

Le Gouvernement a permis le relogement de 3.521 personnes sinistrées

 

Réduire les coûts énergétiques

Une prime de 550€ a été décidée pour couvrir partiellement le surcoût énergétique engendré par le séchage des habitations. A ce stade,

 

  • Plus de 9.500 ménages ont reçu la prime de 550 €
  • La demande de 1.230 ménages est en cours de paiement
  • et 5.100 demandes sont encore en cours d’analyse par les gestionnaires de réseau de distribution (GRD).


Au total plus de 15.830 demandes auront été examinées.

 

Aide psychologique

Mise en place de dix équipes mobiles, regroupant 25 spécialistes au total. Ces équipes mobiles ont sillonné les zones touchées durant plus de 700 heures à la rencontre des sinistrés. Leur travail se poursuivra jusqu’au 1er trimestre 2023.

 

Aide au séchage des logements

Mise à disposition des 38 communes les plus sinistrées (cat. 1 et 2) 1.050 déshumidificateurs en vue d’assécher plus rapidement les habitations des sinistrés (eu égard à la hauteur des eaux, en moyenne, le séchage naturel requiert un an, voire plus).

 

Soutien financier aux communes

Le soutien financier aux communes, qui s’élève à 80 millions d’euros, a été réparti entre les communes de catégorie 1 et 2. Les communes de catégorie 1 ont bénéficié d’un soutien plus important qui s’étale de près de 5 millions à plus de 8 millions d’euros par commune (à l’exception d’Eupen). Au total, les communes de catégorie 1, auront reçu plus de 51 millions d’euros.

 

Recommandations de la Commission d'enquête

Quant aux recommandations de la Commission d’enquête parlementaire, le Gouvernement en a pris acte et les a réparti entre Ministres fin avril. A cette occasion, le Gouvernement a demandé au comité stratégique de l’administration wallonne de répartir les recommandations pour les autres niveaux de pouvoir et d’effectuer une première analyse.

Cette analyse a été effectuée et devrait faire l’objet d’une discussion en Gouvernement. Les membres du Gouvernement vont poursuivre l’examen des recommandations en fonction de leurs attributions ministérielles.

Il n’est pas exclu que des modifications de certaines législations soient nécessaires pour pouvoir agir rapidement en cas de nouvelles catastrophes naturelles. C’est le cas du nouveau cadre légal pour le centre de crise régional qui a été approuvé en première lecture par le Gouvernement.

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