03.07.22
14:23

Contrôle russe, attaques de roquettes, missiles... le point en Ukraine au 130e jour de guerre

La Russie a affirmé dimanche avoir conquis la ville de Lyssytchansk, théâtre d'intenses combats ces derniers jours, et contrôler toute la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine.

Moscou a parallèlement accusé Kiev d'avoir tiré à l'aube "trois missiles" sur la ville de Belgorod, proche de la frontière avec l'Ukraine, où les autorités locales ont fait état de quatre morts.

Voici un point de la situation militaire au 130e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

 

Est 

Le ministre de la Défense russe Sergueï Choïgou "a informé" le président Vladimir Poutine "de la libération de la république populaire de Lougansk", après la prise de la ville de Lyssytchansk, selon un communiqué officiel cité par les agences de presse russes.

Les forces russes et leurs alliés séparatistes ont pris "le contrôle complet de Lyssytchansk et d'autres villes proches dont les plus notables sont Belogorovka, Novodroujesk, Maloriazantsevo et Belaïa Gora", ajoute ce communiqué.

Ces informations n'ont pas pu être vérifiées par l'AFP de manière indépendante.

Selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), les forces ukrainiennes "ont probablement procédé à un retrait délibéré de Lyssytchansk, entraînant la prise de la ville par la Russie le 2 juillet". 

Des images géolocalisées "ont montré des forces russes se promenant avec désinvolture dans les quartiers nord et sud-est de Lyssytchansk", laissant penser qu'il n'y avait peu ou plus de forces ukrainiennes sur place, ajoute l'ISW.

L'institut américain juge probable que les forces russes établissent leur contrôle sur le "territoire restant de l'oblast de Lougansk dans les prochains jours" et se concentrent "sur les positions ukrainiennes à Siversk avant de se tourner vers Sloviansk et Bakhmut."

 

Sud 

A Melitopol, ville occupée par les forces de Moscou, l'armée ukrainienne a "mis hors service" dans la nuit de samedi à dimanche une base militaire russe, selon le maire en exil de la commune, Ivan Fedorov dans une vidéo publiée sur la messagerie Telegram.

Evgueni Balitski, le chef de l'administration pro-russe de la région, a indiqué de son côté sur Telegram que des maisons situées à proximité de la base avaient été endommagées et que "des obus sont tombés sur le territoire de l'aérodrome", tout en assurant qu'il n'y avait pas de blessés.

 

Nord-Est 

A Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, les habitants ont été réveillés une nouvelle fois à 04h00 du matin (01h00 GMT) "par des attaques de roquettes" russes, selon le gouverneur de la région, Oleg Sinegoubov, qui a également fait état de "tirs" russes dans la matinée sur plusieurs districts de sa zone.

 

Ile aux serpents 

Selon le commandement opérationnel régional ukrainien, l'armée russe a mené au cours des dernières 24 heures "neuf frappes aériennes avec des hélicoptères de combat K-52 et 2 bombardements sur l'île des Serpents", caillou stratégique situé au nord-ouest de la mer Noire et repris mercredi par les forces de Kiev.

 

Belgorod

L'armée russe a affirmé avoir abattu dimanche à l'aube trois missiles ukrainiens lancés contre la ville de Belgorod, proche de l'Ukraine, où un responsable local a annoncé la mort d'au moins quatre personnes après des explosions.

"Les défenses anti-aériennes russes ont abattu les trois missiles Totchka-U à sous-munitions lancés par les nationalistes ukrainiens contre Belgorod", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, lors de son briefing quotidien.

 

Des dizaines de milliers de morts 

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais 15.000 à 20.000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev.

Aucun chiffre indépendant n'est disponible.

 

Déplacés et réfugiés 

Plus de six millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon le dernier comptage, mardi, de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). 

Par ailleurs, "près de 16 millions de personnes en Ukraine ont aujourd'hui besoin d'une aide humanitaire : en eau, nourriture, services de santé", a estimé jeudi Osnat Lubrani, la coordinatrice humanitaire de l'ONU dans ce pays.

Ils s'ajoutent aux plus de 5,2 millions d'Ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d'autres Etats européens depuis le début du conflit le 24 février.

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