27.06.22
16:23

Poussée russe, soutien du G7, bombardements... la situation au 124e jour de guerre en Ukraine

L'armée russe tentait lundi de pousser son avantage dans l'est de l'Ukraine, tandis que le G7 s'engageait à soutenir Kiev militairement et financièrement "aussi longtemps qu'il le faudra" et à étendre encore ses sanctions contre Moscou.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signifié aux dirigeants du G7 réunis en Allemagne que "le moment de la négociation" n'était pas encore venu, les exhortant à intensifier leur appui pour arrêter puis repousser les forces russes, selon la présidence française.

Après plus de quatre mois de guerre, la poursuite des opérations devrait obliger la Russie à puiser encore davantage dans ses réserves, indique le ministère britannique de la Défense, relevant que malgré une pénurie de réservistes déployables en Ukraine, "le commandement reste probablement réticent à ordonner une mobilisation générale".

L'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW) considère que président russe Vladimir Poutine se livre de fait à une "mobilisation dissimulée". Il cite un amendement à la loi sur le service militaire, examiné mardi par le Parlement, permettant l'enrôlement dans l'armée russe de jeunes hommes sans passer par la conscription.

Voici un point de la situation au 124e jour de la guerre à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

Un missile russe a touché lundi un centre commercial "très fréquenté" à Krementchouk, dans le centre de l'Ukraine, faisant des morts et des blessés, ont annoncé les autorités, précisant que le bilan pourrait être très lourd.

Poussée russe dans l'Est 

Dans le bassin houiller du Donbass, déjà en partie tenu par des séparatistes prorusses depuis 2014, les forces russes se sont emparées samedi de haute lutte de la ville stratégique de Severodonetsk et sont entrées dans celle voisine de Lyssytchansk.

Elles ont poursuivi depuis "leurs attaques contre la périphérie sud de Lyssytchansk et ont consolidé leur contrôle de Severodonetsk et des localités environnantes", selon l'ISW.

Les troupes russes mènent des opérations à l'est de Bakhmout pour conserver le contrôle de l'autoroute vers Lyssytchansk et ont lancé "des assauts terrestres infructueux au nord-ouest de Sloviansk", précise l'ISW.

 

Regain dans le Nord-Est 

Les bombardements russes sur Kharkiv, deuxième ville du pays, et sa région ont fait deux morts et cinq blessés lundi, a indiqué le gouverneur régional Oleg Sinegoubov.

"Bien que la poche Severodonetsk-Lyssytchansk demeure la principale concentration opérationnelle de la Russie, une semaine entière de pilonnage intensif suggère qu'elle tente de reprendre l'initiative sur le nord de l'axe d'Izioum", au sud-est de Kharkiv, souligne le ministère britannique de la Défense.

 

Détermination affichée du G7 

Le G7 va continuer de soutenir l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra", selon la déclaration issue du sommet au château d'Elmau (sud de l'Allemagne).

Les Etats-Unis envisagent de fournir à l'Ukraine un système sophistiqué de missiles sol-air de "moyenne et longue portée", a indiqué lundi une source proche du dossier.

Parallèlement, ces chefs d'Etat et de gouvernement vont continuer "d'accroître la pression sur (le président russe Vladimir) Poutine", a promis le chancelier allemand Olaf Scholz, à travers notamment une nouvelle salve de sanctions ciblant l'économie russe.

Elles viseront tout particulièrement l'industrie de défense russe, selon un haut responsable de la Maison Blanche. Un "mécanisme pour plafonner au niveau mondial le prix du pétrole russe" est aussi à l'étude, selon la même source.

 

Russie loin d'être isolée 

Le président Poutine va effectuer mardi au Tadjikistan, pays ex-soviétique et allié d'Asie centrale, son premier déplacement depuis le lancement de l'offensive en Ukraine, a annoncé le Kremlin.

Il est ensuite attendu mercredi à un sommet des pays riverains de la mer Caspienne au Turkménistan, autre ex-république soviétique autoritaire d'Asie centrale.

Moscou a par ailleurs récusé toute idée de défaut de paiement dû aux sanctions, mais a reconnu que deux versements n'étaient pas parvenus à leurs créanciers à la date limite dimanche.

 

Dizaines de milliers de morts 

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Pour la seule ville de Marioupol (sud-est), tombée en mai au terme d'un terrible siège, les autorités ukrainiennes évoquent quelque 20.000 morts.

Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais de 15.000 à 20.000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev.

Aucune statistique indépendante n'est disponible.

 

Un tiers des Ukrainiens déplacés ou réfugiés 

Plus de 7 millions d'Ukrainiens sont déplacés à l'intérieur de leur pays, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). S'y ajoutent 8 millions qui ont fui à l'étranger, dont plus de la moitié en Pologne.

Avant l'invasion russe, l'Ukraine comptait 37 millions d'habitants dans les régions contrôlées par Kiev.

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