12.06.22
21:32

Législatives: le RN limite l'érosion et espère un groupe à l'Assemblée

Le Rassemblement national a progressé dimanche au premier tour des législatives en réunissant entre 18,5% et 19,7% des voix (13,2% en 2017) mais reste à la troisième place, derrière la majorité sortante et la Nupes.

Sur la lancée de ce score, le parti d'extrême droite espère obtenir un groupe à l'Assemblée nationale pour la première fois depuis 1986. Pour cela, il doit obtenir au moins 15 députés.

L'institut Harris crédite le RN de 23 à 45 sièges, Elabe lui donne entre 15 et 30 sièges. Mais l'institut Ifop est moins optimiste et lui donne entre 5 et 25 sièges.

Depuis don fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a jugé que le second tour lui "offrait la possibilité d'envoyer un groupe très important" du RN à l'Assemblée.

La majorité présidentielle sortante Ensemble! et l'alliance de gauche Nupes, au coude-à-coude, devancent le RN, qui réunit entre 18,5 à 19,7% des voix, suivi par les Républicains (11,1-14%), selon les instituts Ipsos/Sopra Steria, Ifop, Harris, OpinionWay, et Elabe.

Le RN n'a donc pas réussi à transformer l'essai de la présidentielle, où Marine Le Pen a engrangé 41,5% des voix au second tour, un score inégalé (23,1% au premier).

 

Erosion

Mais l'érosion est moins forte qu'en 2017: Mme Le Pen avait réuni 21,3% des voix au premier tour de la présidentielle (34% au second) mais n'avait obtenu que 13,2% aux légistives et 8 députés.

"Entre le score de Marine Le Pen et le score du RN aux élections législatives, il y a une très forte décélération en 2017, là il y a une simple érosion de 3 à 4 points", a souligné sur TF1 Frédéric Dabi, directeur de l'institut Ifop.

Pour Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France, "le seul gagnant par rapport à 2017 de ce 1er tour c'est le RN, qui progresse" et "va augmenter ses sièges".

Mais en revanche, "parce qu'il est seul" --Marine Le Pen a refusé de s'allier avec son rival d'extrême droite Eric Zemmour--, le RN "va se retrouver, certes avec un peu plus de députés, mais probablement au 4e rang en terme d'opposition à Emmanuel Macron" s'il obtient moins de sièges que LR.

La cheffe de file du RN, qui se représentait dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, manque de peu sa réélection dès le premier tour, bien qu'elle ait réuni 55% des voix.

Elle pâtit elle aussi de la forte abstention, d'environ 53% au niveau national, qui est défavorable au Rassemblement national, dont le coeur de l'électorat, classes populaires et jeunes en tête, sont plus enclins à bouder les urnes.

 

"Ne pas choisir"

Elle lui avait déjà coûté cher aux régionales en 2021, où le RN n'avait remporté aucune région.

De plus, en cas de forte abstention, le candidat doit réunir 25% des suffrages exprimés au premier tour pour passer au second, au point qu'en 2017 il n'y a eu qu'une seule triangulaire.

Or dans des duels combinés à la tripartition de l'espace politique (Nupes/majorité/RN), la majorité sortante a l'avantage d'occuper la position centrale, et elle est plus susceptible de bénéficier de votes pour faire barrage. 

La finaliste de la présidentielle a déjà peiné à se faire entendre lors de la campagne, marquée par le duel entre la majorité présidentielle et l'alliance de gauche Nupes, qui se disputent la première place.

En cas de duel Nupes-Ensemble!, Marine Le Pen a invité ses électeurs "à ne pas choisir entre les destructeurs d'en haut et les destructeurs d'en bas". "La France n'est ni une salle de marché ni une ZAD", a-t-elle lancé.

Son rival à la présidentielle Eric Zemmour, qui se présentait dans la 4e circonscription du Var, a été éliminé dès le premier tour dimanche, tout comme Guillaume Peltier dans le Loir-et-Cher et Stanislas Rigault dans le Vaucluse, marquant un échec retentissant pour le parti Reconquête!.

 

AFP

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