07.06.22
13:35

Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de son épouse Delphine, bientôt en liberté ?

Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de son épouse Delphine, disparue une nuit de décembre 2020 dans le Tarn, restera-t-il en prison? Un juge entendra jeudi le suspect n°1, détenu depuis un an, avant de décider de son éventuelle remise en liberté.

"Le mandat de dépôt, d'une durée d'un an, arrive à échéance dans quelques jours. Cédric Jubillar est innocent, la détention est injustifiée et on va le répéter devant le JLD (juge des libertés et de la détention), jusqu'à ce qu'on soit entendus", martèle Jean-Baptiste Alary, l'un de ses défenseurs.

"C'est un dossier qui, au lieu de s'étayer, se délite, s'effondre chaque jour un peu plus", estime l'avocat.

Le 18 juin 2021, six mois après que l'infirmière de 33 ans a été vue pour la dernière fois chez eux à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, son mari a été mis en examen pour homicide volontaire. Avant d'être placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse.

Cédric Jubillar maintient qu'il n'a rien à voir avec la disparition de sa femme, qui venait de lui annoncer sa décision de divorcer. Ses avocats ont déposé plusieurs demandes de mise en liberté, toutes rejetées. 

Sans preuve accablante, aveux, scène de crime ou corps pouvant livrer des éléments décisifs, les enquêteurs estiment toutefois avoir réuni un faisceau d'indices suffisant pour justifier le maintien en prison du peintre-plaquiste de 34 ans.

 

Huis clos probable 

L'audience devant le juge, qui se tiendra probablement à huis clos selon Me Alary, est prévue jeudi à 10h00 au palais de justice de Toulouse, en présence de ses avocats. 

Pour Philippe Pressecq, avocat de proches de Delphine Jubillar, "il n'y pas débat, les conditions du maintien en détention sont réunies. Il y a des indices graves et concordants laissant penser que la personne mise en examen a participé à l'infraction".

Depuis un an, ajoute-t-il, "nous n'avons pas vu un seul élément venir dire l'inverse. Dans le dossier, on a trois pages d'éléments graves et concordants contre Cédric Jubillar. Personne ne comprendrait qu'il ne soit pas maintenu en détention".

Si les défenseurs contestent la décision du JLD, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse sera saisie.

Delphine, qui travaillait comme infirmière de nuit dans une clinique d'Albi, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 de la maison où le couple vivait avec leurs deux enfants. 

Au petit matin, le mari a alerté les gendarmes, affirmant qu'elle était sortie en fin de soirée promener leurs chiens et qu'il ne l'avait pas revue. Depuis, les enquêteurs ont mené des recherches de grande ampleur pour tenter de trouver le corps.

 

Recherches vaines 

En annonçant la mise en examen, le procureur de Toulouse avait dépeint un "contexte de séparation très conflictuel" et souligné que le suspect n°1 avait "de très grandes difficultés, affectives et matérielles, à accepter (la) séparation".

Le 12 mai, Cédric Jubillar a été confronté à un ancien détenu, qui occupait une cellule voisine de la sienne, dans le quartier d'isolement de Seysses. 

Ce prisonnier, libéré à l'automne, avait déclaré aux enquêteurs avoir recueilli des aveux du mari, qui lui aurait notamment confié avoir enseveli le cadavre de sa femme près d'une ferme, à environ un kilomètre de Cagnac-les-Mines. 

Ces déclarations avaient déclenché le placement en garde à vue de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar, relâchée sans mise en examen, ainsi que d'importantes fouilles menées par des unités spécialisées de l'armée.

"On fonctionne un peu comme un système de preuves de l'Ancien Régime, à l'époque où quatre ouï-dire valaient une preuve", a récemment déploré Emmanuelle Franck, autre avocate de la défense.

Espérant toujours découvrir un indice utile à l'enquête, des amies de Delphine Jubillar ont à nouveau organisé lundi une battue, comme elles le font régulièrement dans les environs de Cagnac-les-Mines, en vain.

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