01.06.22
19:20

A quoi vont servir concrètement les 600 millions d'euros pour les soins de santé ?

Aujourd'hui le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) tente de rendre le métier de soignant plus attractif, en présentant un accord social concernant les investissements du gouvernement fédéral dans les soins de santé.

Il est questions d'un investissement de 600 millions d'euros. Concrètement, 500 millions seront utilisés pour augmenter structurellement les salaires et 100 millions pour l'amélioration des conditions de travail et l'augmentation de la prime d'attractivité ou de fin d'année.

À partir d'aujourd'hui - mercredi 1er juin - les honoraires de tous les prestataires de soins indépendants (à l'exception des kinésithérapeutes[1]) seront augmentés de 2 %. Récemment, le gouvernement a en effet décidé de libérer un budget de 207 millions d'euros pour accorder en 2022 une prime supplémentaire unique aux prestataires de soins dont les honoraires sont liés à l'indice santé : "nous effectuons cette intervention exceptionnelle parce que l'indexation du budget de l'assurance maladie selon le système habituel a lieu avec beaucoup de retard. La compensation complète de la hausse rapide des prix de ces derniers mois aura lieu en 2023.", indique le cabinet Vandenbroucke.

 

500 millions dans l’IFIC

En concertation avec les partenaires sociaux, un nouveau modèle de fonctions pour le personnel soignant a été élaboré sous le gouvernement précédent : le modèle « IFIC ». L'objectif de cette classification de fonctions est de rémunérer le personnel de soins en fonction de ses tâches et non plus en fonction de son diplôme.

Depuis la mi-2021, un demi-milliard d'euros a été consacré à cette nouvelle classification de fonctions, sur la base d’un accord social qui a été clôturé et approuvé en 2020. Ces moyens permettent d’améliorer de nombreux salaires dans le secteur des soins, et notamment les salaires de ceux qui débutent dans le secteur. C'était d'ailleurs l'un des objectifs de la réforme : augmenter l'attractivité de la profession grâce à de meilleurs salaires.

Voici quelques exemples concrets de personnes dont la situation s’améliore :

- Un aide-soignant ou un collaborateur administratif à la consultation bénéficie d'une hausse de 8 % en début de carrière.

- Un infirmier A2 sans qualification professionnelle particulière avec 5 ans d'ancienneté peut bénéficier de 15 % en plus.

- Un diététicien ayant 10 ans d'ancienneté peut bénéficier d’une hausse de 7 %.

- Un collaborateur logistique avec 15 ans d'ancienneté peut progresser de 4,6 %.

Notons que nous comparons ici le barème sectoriel existant avec le barème sectoriel IFIC. Il est possible que des personnes travaillant dans les hôpitaux soient mieux rémunérées que ce qui est prévu dans les barèmes sectoriels.

Entre-temps, l'IFIC est en vigueur dans le secteur privé depuis le 1er juillet 2021. Dans le secteur public également, les mesures nécessaires ont été prises pour une mise en œuvre graduelle avec effet rétroactif au 1er juillet 2021. L'IFIC y est en cours de déploiement sur le terrain. Les intéressés ont déjà reçu ou recevront bientôt la demande de transmettre leur choix pour l'IFIC. Ils sont informés en détail à ce sujet par leur employeur.

L’IFIC est une amélioration pour beaucoup dans le secteur des soins. Mais après une analyse des salaires du secteur, il est apparu que pour les infirmiers spécialisés, il y avait une anomalie. Leur spécialisation n'était pas ou pas suffisamment valorisée dans l'IFIC, alors que la question des spécialisations se pose notamment dans les services d'urgence et de soins intensifs et que ces services ont justement joué un rôle clé pendant la pandémie. C'est pourquoi à partir de 2023, nous investissons 45 millions d’euros dans les infirmières spécialisées, avec une étape intermédiaire en 202


100 autres millions

Fin de la semaine dernière, les partenaires sociaux du secteur de la santé ont conclu un accord de principe sur l’affectation du montant restant de 100 millions d'euros. Pour le secteur privé, cet accord sera formalisé dans une CCT dont la signature est prévue le 13 juin 2022. Pour le secteur public, il prendra la forme d'un protocole qui sera soumis au Comité A dans les plus brefs délais.

Un élément important à noter : la concrétisation de cet investissement de 100 millions d'euros s'applique aussi bien au personnel fédéral de la santé qui est encore rémunéré selon les anciens barèmes, qu'aux personnes qui sont déjà rémunérées selon le modèle IFIC. Et tout le monde est concerné, du personnel de cuisine aux infirmières spécialisées. En outre, les investissements s'appliquent tant au secteur privé qu'au secteur public. En d'autres termes, ils s'appliquent à tous les membres du personnel fédéral des soins de santé.

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