01.06.22
22:14

Les Danois ont voté "oui" pour rejoindre la politique de défense de l'UE

Une majorité écrasante de Danois, presque 67%, ont voté mercredi en faveur d'une intégration à la politique de défense de l'UE, selon le décompte de 97% des bulletins de vote. 

"Ce soir, le Danemark a envoyé un signal important. A nos alliés en Europe et l'Otan, et au (Président Vladimir) Poutine. Nous montrons que, quand Poutine envahit un pays libre et menace la stabilité en Europe, nous autres nous nous rassemblons", a déclaré la Première ministre Mette Frederiksen.

Les chefs de l'Union européenne Ursula von der Leyen et Charles Michel ont salué mercredi le vote "historique" du Danemark sur une entrée dans la défense de l'UE, après la publication de deux sondages sortie des urnes donnant le "oui" gagnant.

"Je salue le message fort d'engagement envers notre sécurité commune envoyé par le peuple danois", a tweeté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, "convaincue que le Danemark et l'UE tireront profit de cette décision". "Le peuple du Danemark a fait un choix historique", s'est félicité le président du Conseil européen Charles Michel.

alm/fmi/fjb

"Je crois de tout mon coeur qu'il faut voter oui. Lorsque nous devons nous battre pour la sécurité de l'Europe, nous devons être plus unis avec nos voisins", a affirmé la Première Ministre Mette Frederiksen lors d'un dernier débat télévisé de la campagne dimanche soir.

Etat membre depuis 1972, le Danemark avait tiré le premier coup de canon de l'euroscepticisme en rejetant à 50,7% en 1992 le traité de Maastricht, du jamais vu à l'époque.

Pour lever le blocage - qui menaçait l'entrée en vigueur du traité fondateur dans toute l'Union européenne -, Copenhague avait obtenu une série d'exceptions, baptisées "opt outs" (options de retrait) dans le jargon européen, et le pays avait finalement dit oui dans un nouveau scrutin l'année suivante.

Depuis, le Danemark est resté hors de l'euro - rejeté par un référendum en 2000 - mais aussi de la politique européenne en matière d'affaires intérieures et de justice - à nouveau rejetée par référendum en 2015 - ainsi que de défense.

En vertu de cette dernière exception, le pays scandinave - membre fondateur de l'Otan - n'a ainsi pu participer à aucune mission militaire de l'UE.

Jadis marginale, la politique de défense des 27 a pris de l'ampleur ces dernières années, même si des idées d'armée européenne font encore figure de repoussoir pour de nombreuses capitales.

 

Otan et UE

Deux semaines après l'invasion de l'Ukraine, la Première ministre danoise avait annoncé un accord avec la plupart des partis du Parlement pour soumettre la fin de l'exception à un référendum, ainsi que d'importants investissements militaires pour franchir la barre des 2% du PIB souhaités par l'Otan.

Onze partis sur 14 ont appelé à voter oui, représentant plus des trois quarts des sièges au Parlement. 

Les deux formations d'extrême droite eurosceptique du parti du Peuple danois (DF) et des Nouveaux conservateurs, ainsi que la formation de gauche radicale de la Liste de l'Unité, militent eux pour le non.

Avec la candidature historique de la Suède et de la Finlande à l'alliance atlantique et le référendum danois, les trois pays nordiques pourraient prochainement cumuler politique européenne de défense et participation à l'Otan.

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