27.05.22
07:48

Davos 2022: clap de fin

Après une édition virtuelle en 2021, le Forum économique mondial de a retrouvé ses montagnes suisses cette année.

Il vient de se terminer. C’est donc l’occasion de faire le bilan de ce qu’ont pu se dire les personnalités politiques, financières et diplomatiques qui y étaient réunies.

Les critiques disent que c’est le « rendez-vous des maîtres du monde ». Pour d’autres, comme Georges Soros, le grand financier qui y fait chaque année un long discours, le Forum de Davos ça n’est qu’une « énorme cocktail party » : en gros, les opposants dénoncent le pouvoir et l’influence des gens qui s’y rendent et les habitués minimisent leur influence.

Selon le créateur du forum économique de Davos au début des années 70, le but était de penser la mondialisation, ni en gestionnaire politique, ni en simple opérateur de marché ; mais d’inventer intelligemment la mondialisation de demain.

Quand la mondialisation a la cote, ça va, quand elle ne l’a plus trop comme en ce moment, on est un peu en quête de sens…

L’invité d'honneur de la journée d'ouverture était le président ukrainien qui s’est exprimé à 2 reprises en , réclamant des sanctions "maximum" contre la Russie. Une délégation ukrainienne très fournie était sur place pour marteler ce même message. Le président ukrainien est toujours applaudi où qu’il aille, mais chez les analystes une certaine lassitude commence à poindre.

D’autant que c’est la spécialité à Davos, on se paye les figures médiatiques en vogue, on les applaudit et on passe vite à autre chose…

Quand on entendait « La liberté est plus importante que le libre échange, protéger nos valeurs est plus important que faire des profits » dans la bouche du secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg devant un parterre d’acteurs économiques de premier plans, c’était étonnant. 

Et les convives n’étaient pas au bout de leurs surprises puisqu’ils ont pu assister à un happening organisé par les « de très riches britanniques qui réclament d’être plus taxés pour affronter les inégalités dans leur pays et atténuer les effets dévastateurs de la crise. Ils ont fait circuler une lettre ouverte pendant toute la durée du Forum.

Cela rappelle les discours de Warren Buffet et Bill Gates après la crise de 2008...

Pour David Beasley, le chef du Programme alimentaire mondial, "aujourd'hui, les conditions sont pires" qu'en 2007-2008, au moment des émeutes de la faim.

La récolte, c'est le mois prochain", a rappelé la secrétaire générale de l'OMC appelant à la création de corridors sûrs en mer Noire(pour faire transiter la production agricole ukrainienne.

En ce moment l’Ukraine produit du blé, mais la Russie bloque les exportations ukrainiennes qui se font habituellement à 95% par la mer.

Dans le même temps, les sanctions économiques contre la Russie ne concernent pas les denrées alimentaires. Donc on se retrouve dans la situation suivante : la Russie vend des denrées alimentaires comme si de rien n’était, tout en empêchant l’Ukraine de le faire ce qui fait augmenter les prix du blé que la Russie vend plus cher avec des bénéfices majeurs.

Alexander de Croo a également pris la parole à plusieurs occasions. En s’attardant sur la question de l’éducation à l’occasion d’une table ronde sur le numérique, le belge est peut-être un des rares qui a su revenir aux fondamentaux , à savoir prendre de la hauteur pour penser et bâtir le monde de demain.

« L’école fonctionne mal, nous gaspillons trop de talents, nous ne pouvons plus nous le permettre » a-t-il déclaré. Une fois qu’on a eu le courage de dire ça, qu’en reste-t-il, alors que les convives ont quitté ? A quoi sert Davos? 

A lancer de belles idées comme autant de bouteilles à la mer.

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