22.05.22
14:29

Marche verte à Bruxelles en soutien aux parents de Natacha de Crombrugghe, disparue au Pérou

Depuis plusieurs semaines, les parents de Natacha se disent physiquement et moralement épuisés. Ils lancent un appel : « Nous en sommes toujours au point de départ et nous tournons en rond. Nous attendons des autorités qu’elles reprennent sérieusement l’enquête et répondent à toutes nos questions. Natacha est quelque part, nous ne pouvons pas l’abandonner. Nous devons savoir ce qui s’est passé et la retrouver. »

« En Belgique, nos amis et ceux de Natacha, ont créé un groupe de soutien. Ils comptent sur nous pour retrouver notre fille. Ils organisent dimanche 22 mai à Bruxelles une marche de solidarité et d’espoir pour nous aider financièrement et nous soutenir. Nos amis péruviens ont décidé d’organiser une marche similaire à Cabanaconde, Arequipa et Chivay. Rendez-vous le dimanche 22 mai à 11 heures, à l’hippodrome de Boitsfort. Plus d’informations sur www.lookingfornatacha.com. »,

lançaient les parents de la jeune disparue mi-mai.

Ce dimanche, près de 300 personnes se sont rassemblées et ont marché dans la Forêt de Soignes en soutien à Eric et Sabine. Les participants se sont vêtus de vert en signe d'espoir. Parmi eux, le père du jeune Théo Hayez, disparu en 2019 en Australie


Disparue depuis le 24 janvier

Natacha de Crombrugghe, âgée de 28 ans, est portée disparue depuis le 24 janvier 2022. Elle était partie en trek au Pérou. Ses parents, Eric et Sabine, tentent le tout pour le tout. En avril, ils sont repartis pour la seconde fois sur place dans l’espoir de récolter des indices. 

Partie de Belgique au premier jour de l’an, Natacha était arrivée à Cabanaconde la veille du 24 janvier avec l’ambition d’entamer seule dès le lendemain un trek passant par le fond de ces gorges tracées par la rivière Colca. Aucune trace d’elle n’a été retrouvée dans les quelques hébergements qui peuplent le fond du canyon où elle était supposée se ressourcer durant quelques jours.

Depuis début février, de nombreux guides et volontaires se sont rendus sur place pour chercher Natacha. Des policiers et secouristes de haute montagne sont venus les rejoindre. Plus de 70 personnes ont fouillé plus de 495 kilomètres. Après un mois, les recherches n’ont pas abouti à d’énormes avancées. En mars, après une saison des pluies et un tremblement de terre, les recherches ont été abandonnées.

Les parents de Natacha sont repartis fin février, après avoir été rassurés par la mobilisation en cours et les conseils de trois policiers belges qui ont passé cinq jours sur place.
 

Un nouveau témoin

« Mi-mars, la police péruvienne nous informe qu’un nouveau témoin aurait croisé Natacha dans le canyon et aurait entendu un tremblement de terre et un glissement de terrain juste après. Nous leur demandons de vérifier la véracité de ce témoignage et de se rendre sur place pour savoir si notre fille est ensevelie sous la terre et les pierres. Nous vivons dans l’angoisse. Mais, nous restons sans nouvelles et devons attendre la réunion avec le Procureur et les personnes en charge du dossier en Belgique pour reprendre l’avion pour Lima le 4 avril, décidés à tout faire pour retrouver notre fille. »

Plus tard, ils lanceront leur propre enquête en parallèle. Ils pensent que les habitants du village ont peur de parler.

« Nous nous rendons à Cabanaconde pour être près de notre fille et enquêter nous-mêmes auprès de la population. Tout se sait dans un petit village mais personne n’ose parler. En concertation avec l’avocat et les policiers, nous décidons d’offrir une récompense de 15.000 dollars afin de motiver les habitants de Cabanaconde à parler et à chercher Natacha. Nous collons des affiches partout dans le village, dans le Canyon, à Chivay et à Arequipa, dans les agences de voyages surtout afin que les guides et les touristes qui partent en randonnée dans le canyon recherchent Natacha sur leur chemin. L’annonce est relayée sur les réseaux sociaux. Mais toujours rien. Les gens de Cabanaconde ont-ils peur de parler ? Pourquoi ? »


Séquestrée quelque part ?

« Une équipe de secouristes a été envoyée début mai sur place pour rechercher Natacha et Kevin, le jeune Péruvien qui est tombé dans la rivière le lendemain de la disparition de Natacha. Ils ont retrouvé son pantalon. Nous accompagnons les deux policiers de la Divincri qui devaient poursuivre l’enquête à Cabanaconde, pensions-nous. Mais, deux jours après, ils rentrent à Arequipa, le drone promis pour fouiller les zones inaccessibles n’est toujours pas arrivé, toutes nos demandes d’enquêtes, redemandées maintes fois, n’ont toujours pas été exécutées. La police attend la moisson du maïs, la décrue de la rivière et le corps de Natacha pour continuer l’enquête judiciaire. Pourtant, tout le monde, y compris la police, pense qu’il s’est passé quelque chose à l’hôtel ou à Cabanaconde. Il se peut qu’elle soit toujours en vie, séquestrée quelque part. »


Seul un secouriste volontaire continue les recherches

« Les seules informations qui nous parviennent sont celles de chamanes, énergisseurs, pendulistes, médiums et autres voyants qui soit la voient morte, soit vivante et chaque fois dans un endroit différent ! Seul, le guide secouriste volontaire du Colca, Eloy Cacya, continue les recherches mais c’est à Autocolca, nous a-t-on assurés, de prendre en charge la poursuite des recherches. Heureusement, nous sommes soutenus par nos hôtes de l’hôtel Kuntur Wassi et par la population. »

Partager cet article