19.05.22
06:57

Faut-il dépenser plus pour notre armée ?

Le Premier ministre a proposé que notre pays investisse 10 milliards de plus dans l’armement. Pas question, lui rétorquent ce matin les écologistes. À vos gilets pare balles.

Un vrai champ de mines cette coalition Vivaldi : ça tire et ça pete dans tous les coins. Ici, c’est le Premier ministre lui-même qui a jeté la première grenade en proposant que notre pays investisse 10 milliards de plus dans l’armement.

Pas question, lui rétorquent ce matin les écologistes.

A vos gilets pare balles.

C’est business as usual, presque, dans cette coalition de sept formations politiques où on passe son temps et son énergie a se faire des crocs en jambe, de la politique énergétique à la politique fiscale, tout fait farine au moulin de la Vivaldi pour se déchirer…

Cette fois-ci la querelle entre les formations politiques porte sur les dépenses militaires de notre pays.

Alors, on va reposer le cadre pour bien saisir les enjeux. A la fin du mois de juin, les 27 et 28 ; se tiendra a Madrid un important sommet de l’Otan. On va y parler de l’adhésion de la Finlande et de la Suède, bien entendu, mais on va aussi procéder à une inspection de la hauteur des investissements militaires dans chacun des pays membres. Or en 2014 au Pays de Galles, lors d’un autre sommet de l’Otan, les 28 pays membres se sont engagés à dépenser 2% de leur PIB pour leur défense d’ici 2024… 2024 c’est demain…

En 2017, seuls la Grèce, l'Estonie, le Royaume-Uni, la Pologne et les États-Unis respectaient déjà cette règle des 2%. Les dépenses de défense des États-Unis représentent de manière constante depuis 2010 plus de 70 % des dépenses de défense des pays de l'OTAN. Ce déséquilibre leur donne un poids prépondérant dans les décisions et traduit quelque part la faiblesse de l'effort de défense des États européens et leurs hésitations à bâtir une défense européenne moins dépendante des États-Unis.

Et donc où se situe la Belgique dans le classement de l’Otan ?

Et bien très clairement assise au fond de la classe depuis le début des années 2000 – tiens, tiens, ça correspond à la première participation des écologistes à un gouvernement fédéral, hasard… ? Je ne pense pas… 

Bref, la Belgique en 2018 était encore le 3e plus mauvais élève juste devant le Luxembourg et l’Espagne en investissant 0,9% du PIB dans son armée, là où la France fait 1,8 et les Pays-bas 1,3%...

Mais le gouvernement de Charles Michel avait tenté de corriger le tir notamment sur impulsion du ministre N-VA Vandeput, décision très contestée d’acheter des avions de chasse F35 aux Etats Unis plutôt que des Rafale à la France, mais avec cette décision d’achat de 34 avions (5,5 milliards d’euros ), la Belgique a montré qu’elle commençait a réinvestir dans sa défense. Ludivine dedonder, l’actuelle ministre de la Défense, a même amplifié la courbe d’investissements de son prédécesseur puisqu’il est prévu que la Belgique investisse 1,54% du PIB dans ses armées en 2030.

1,54% du PIB c’est toujours pas les fameux 2% et en plus la guerre en Ukraine est passée par là. Acheter des armes et gonfler les budgets défense est devenu très à la mode depuis que Poutine s’acharne sur l’ukraine, conséquence, Alexander De Croo n’a pas du tout envie de passer pour le vilain petit canard de l’Otan. 

Il a donc proposé fin de semaine dernière que son gouvernement atteigne les 2% du PIB dans l’armée pour 2035, alors qu’aujourd’hui on est a 1,2%. Cela correspond à au moins 10 milliards d'euros d'investissements militaires en plus et un budget annuel de la Défense passant de 4,4 milliards en 2022 à 6,9 milliards en 2030. 

C'est donc beaucoup d’argent et De Croo met donc 3 garanties/conditions autour de cet investissement : qu’il y ait plus d'intégration entre les capacités militaires des partenaires, que les investissements offrent plus de retours à l'industrie européenne, et plus de retours sociétaux (avec des capacités aussi utiles au niveau civil).

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