15.05.22
21:59

Lourde défaite du SPD de Scholz dans la principale région allemande

Le parti social-démocrate SPD d'Olaf Scholz, nettement devancé par les conservateurs de la CDU en Rhénanie du nord-Westphalie, a essuyé dimanche une lourde défaite dans cette région la plus peuplée d'Allemagne qui élisait son parlement.

La formation du chancelier, critiqué pour sa discrétion dans la crise ukrainienne, ne recueillerait qu'environ 28% des voix, contre 35% pour les chrétiens-démocrates, à la tête depuis 2017 de cette région, selon des estimations pour les chaînes publiques ARD et ZDF.

Il s'agit du plus mauvais résultat du SPD dans cette région, qui a longtemps fait figure de bastion social-démocrate.

A Cologne, Bonn, Düsseldorf ou encore Essen et Dortmund, quelque 13 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour élire le parlement de ce Land, le plus peuplé du pays et poids lourd industriel. 

Verts faiseurs de roi

La CDU, menée par l'actuel ministre-président Hendrik Wüst, paraît donc la mieux placée pour garder le contrôle d'une région conquise en 2017 par Armin Laschet, candidat malheureux à la succession d'Angela Merkel en septembre 2021.

"Le résultat de ces élections régionales ne correspond malheureusement pas à ce que nous avions imaginé", a admis le chef de file régional du SPD, Thomas Kutschaty devant ses partisans à Düsseldorf, reconnaissant un score "inférieur" aux attentes du parti.

Le SPD, défait il y a tout juste une semaine dans un autre Land, en Schleswig-Holstein (nord), peut encore espérer s'allier, comme au niveau fédéral, avec les Verts, crédités de 18% et en très forte progression.

Les écologistes, portés par la popularité de leurs ministres au gouvernement, apparaissent comme les faiseurs de roi de cette élection. La CDU ne pourra en effet reconduire son alliance régionale avec les libéraux du FDP, en chute de 7 points en cinq ans, à 5,5%.

Le secrétaire général du SPD, Kevin Kühnert, s'est prononcé en faveur de discussions avec les Verts pour tenter de bâtir une coalition, à l'image de celle aux commandes de l'Allemagne.

Mais vu l'ampleur de la défaite du SPD, il semble peu probable qu'il soit en mesure de prétendre diriger la région.

Le SPD est "le grand perdant des élections", a réagi le conservateur Jens Spahn, ancien ministre de la Santé dans le gouvernement d'Angela Merkel. "On ne peut rien faire", selon lui, pour un parti qui prétendrait gouverner après un si "mauvais résultat historique".

Les Verts, contents de leur résultats, ont appelé à "ne pas spéculer" à ce stade sur d'éventuelles coalitions.

Le parti d'extrême droite AfD, qui ne recueillerait lui aussi que 5,5%, confirme ses difficultés à l'ouest du pays et fait de plus en plus figure de formation d'ex-RDA.

Cette élection marque un nouvel échec pour Olaf Scholz, dont le parti a perdu il y a une semaine dans un autre scrutin et dont la popularité pâtit de sa supposée discrétion dans le conflit ukrainien et de ses réticences à livrer des armes lourdes à Kiev.

 

Revanche

Au gouvernement, le chancelier et les ministres sociaux-démocrates se font voler la vedette par les écologistes, en particulier le vice-chancelier Robert Habeck et la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui se sont hissés parmi les personnalités politiques préférées des Allemands.

Dans le même temps, la ministre SPD de la Défense, Christine Lambrecht, est la cible de critiques et de demandes de démission pour avoir effectué un déplacement privé avec son fils à bord d'un hélicoptère de l'armée. Une majorité d'Allemands souhaitent sa démission, selon un sondage.

"L'enjeu de l'élection est de taille", résume l'hebdomadaire Der Spiegel, soulignant que "celui qui gouverne ici a automatiquement son mot à dire au niveau fédéral".

Elle constitue en revanche un motif d'espoir pour la CDU, de retour dans l'opposition depuis fin 2021 après 16 années de règne d'Angela Merkel.

Menés par un nouveau chef, le très droitier Friedrich Merz, les chrétiens-démocrates peuvent espérer prendre leur revanche et retrouver la chancellerie en 2025 si les difficultés de l'actuel chancelier perdurent.

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