11.05.22
10:04

La Chine censure les critiques de l'OMS sur le zéro Covid

La Chine censure mercredi les propos du patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), après qu'il a publiquement critiqué la politique zéro Covid prônée par les dirigeants communistes. Le pays asiatique, aux prises avec une flambée épidémique, continue d'imposer confinements et quarantaines dès l'apparition de quelques cas.

Dans ce contexte, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé mardi, dans des propos inhabituellement critiques envers la Chine, que la politique zéro Covid n'était "pas soutenable". "Passer à une stratégie différente est très important", a-t-il souligné.

Le zéro Covid étant fermement défendu par les plus hauts dirigeants communistes, notamment le président Xi Jinping, les censeurs sont vite intervenus pour contrer la diffusion de ces propos. Sur le site de microblog Weibo, les mots-clés #Tedros et #OMS ne donnent mercredi plus aucun résultat. Quant aux utilisateurs du très populaire réseau social WeChat, ils ne peuvent pas republier ou transférer un article du compte officiel de l'ONU, publié sur la plateforme et qui mentionne les critiques du patron de l'OMS.

Discuter en ligne du sujet avec un de ses contacts ou envoyer sur son mur WeChat des captures d'écran d'articles ou de tweets mentionnant ces propos reste toutefois possible. ,De son côté, la presse chinoise reste muette. L'ex-rédacteur en chef du tabloïd nationaliste Global Times, Hu Xijin, très influent sur internet, juge toutefois les critiques de l'OMS "sans importance". "S'ils disent que la méthode chinoise n'est pas soutenable, ils devraient en avancer une qui soit plus efficace et soutenable. Mais ils n'en donnent aucune!", écrit-il à ses 24 millions d'abonnés sur Weibo.

L'abandon du zéro Covid pourrait entraîner 1,6 million de morts dans le pays, selon une étude de chercheurs de l'université Fudan à Shanghai, publiée mardi dans la revue Nature. A Shanghai, les 25 millions d'habitants de la mégalopole, confinés depuis début avril, se plaignent de problèmes d'approvisionnement et craignent d'être envoyés dans des centres de quarantaine au confort aléatoire.

 

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