Isopix
02.05.22
20:04

Attentats de novembre 2015: jusqu'à cinq ans de prison requis dans le volet belge

Ils sont soupçonnés d'avoir hébergé, transporté ou fourni de faux papiers à des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 en France : des peines allant jusqu'à cinq ans de prison ont été réclamées contre 14 prévenus jugés à Bruxelles.

A l'encontre de douze d'entre eux, poursuivis pour des infractions liées au terrorisme, la procureure fédérale Véronique Melot, qui a dénoncé "une banalisation du mal", a requis vendredi et lundi des peines s'échelonnant d'un an à cinq ans de prison, certaines avec sursis.

Les prévenus sont jugés depuis le 19 avril devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, dont deux par défaut, présumés morts en Syrie. Ce procès se tient parallèlement à celui en cours à Paris et concerne des suspects écartés de la procédure judiciaire française.

La procureure fédérale a requis lundi trois ans de prison contre Abdoullah Courkzine, soupçonné d'avoir "contribué" à ce qu'Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel des commandos, "puisse se cacher" après les attentats à Paris et Saint-Denis, près de Paris (130 morts), revendiqués par le groupe État islamique (EI).

Jugé pour "participation à une activité d'un groupe terroriste", comme la plupart des prévenus, Courkzine était en contact avec Hasna Aït Boulahcen, une cousine d'Abaaoud, au moment où elle était en quête d'une planque pour le jihadiste recherché par la police après les attentats, a expliqué la magistrate.

Un autre prévenu, Youssef El Ajmi, est accusé d'avoir aidé "en connaissance de cause" Ibrahim El Bakraoui - soupçonné d'être l'un des logisticiens en chef du 13-Novembre, qui s'est fait exploser lors des attentats de Bruxelles en mars 2016 - dans ses tentatives de rejoindre la Syrie et d'avoir loué une voiture pour lui peu avant les attentats du 13-Novembre.

Une peine de deux ans de prison a été requise contre lui par la procureure, qui a estimé un sursis probatoire possible.

Elle a demandé deux ans avec sursis probatoire pour Smaïl Farisi, qui se voit reprocher d'avoir prêté son appartement bruxellois à partir d'octobre 2015 à Ibrahim El Bakraoui.

Il s'agit du seul prévenu qui doit aussi être jugé aux assises à Bruxelles à partir de l'automne 2022 pour les attentats commis dans la capitale belge le 22 mars 2016 (32 morts) par la même cellule et également revendiqués par l'EI. Smaïl Farisi compte parmi les dix accusés dans le dossier du 22 mars.

Cache d'Abdeslam 

Quatre ans de prison - avec sursis probatoire possible - avaient été requis vendredi contre Abid Aberkane, cousin de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos. Il est jugé pour avoir caché dans la cave de sa mère, à Molenbeek, le jihadiste français en fuite après les attentats, pendant les jours précédant son arrestation, le 18 mars 2016.

Ibrahim Abrini, frère de Mohamed Abrini - jugé en France pour avoir accompagné "le convoi de la mort" jusqu'en région parisienne -, est soupçonné d'avoir aidé son frère à se débarrasser des vêtements qu'il portait lors de ce déplacement et qui contenaient des traces d'explosifs. Deux ans de prison avec sursis probatoire avaient été réclamés contre lui.

Contre Soufiane Al Aroub, accusé d'avoir conduit Ahmed Dahmani - logisticien présumé de la cellule jihadiste - à l'aéroport d'Amsterdam-Schipol juste après les attentats parisiens, deux ans de prison avaient été requis.

Les deux prévenus présumés morts sont Sammy Djedou, dont le décès a été annoncé par le Pentagone en décembre 2016, et Youssef Bazarouj, un autre Belge soupçonné d'avoir été associé en Syrie à la cellule des opérations extérieures de l'EI, et qui aurait été tué en 2017.

Au début de son réquisitoire, la procureure avait réclamé des peines complémentaires de deux ans, en plus de treize ans déjà prononcés par le tribunal en 2021 contre le premier, et de cinq ans, en plus des cinq déjà infligés au second.

Parmi les deux prévenus jugés pour des infractions non liées au terrorisme figure Meryem El Balghiti, épouse de Farid Kharkhach qui est jugé à Paris, accusé d'avoir fourni des faux papiers aux commandos jihadistes.

Mme El Balghiti, qui aurait joué un rôle d'intermédiaire, est poursuivie pour faux, mais non pour avoir agi "en sachant qu'elle aidait un groupe terroriste", a précisé lundi la procureure en requérant un an de prison avec sursis.

Ce procès dit "Paris bis" est prévu jusqu'au 20 mai. Le jugement devrait être rendu le 30 juin au plus tard.

Partager cet article