28.04.22
10:15

Hedebouw: "Si moi je n’y vais pas (débattre avec le Vlaams Belang), il continue le débat sans moi"

Raoul Hedebouw était l’invité de Martin Buxant ce matin. Entre autres sujets, le Président du PTB est revenu sur la polémique Conner Rousseau et sur la nécessité de débattre avec l’extrême droite. “Si moi je n’y vais pas, ils continuent le débat sans moi.” 

Raoul Hedebouw est tout d’abord revenu sur les propos de Conner Rousseau, le patron des socialistes flamands, sur Molenbeek. “C’est lamentable. Une partie de la sociale démocratie flamande chasse sur les terres de l’extrême droite et en copie le verbiage. Ce stéréotype est non fondé” déclare Raoul Hedebouw, déçu par ce type de rhétorique de la part d’un parti de gauche. 

“On a l’habitude que le droite stigmatise, dans une logique de diviser pour mieux régner. Que la gauche rentre dans cette rhétorique là, c’est grave. Selon moi, Conner Rousseau a cette vision de construire une majorité avec la N-VA en 2024. C’est très clair que Vooruit et N-VA sont en train de flirter politiquement depuis quelques mois pour préparer une nouvelle majorité” au niveau régional, comme elle existe déjà à Anvers. 

Quant à la polémique née au lendemain de la participation de Georges-Louis Bouchez à un débat avec le Vlaams Belang et à la proposition du MR d’appliquer le cordon sanitaire au PTB, Raoul Hedebouw considère cette démarche comme “une tentative de museler la seule opposition de gauche ferme au MR en Belgique. Monsieur Bouchez ne supporte pas la contradiction. Pourquoi veut-il un cordon sanitaire (pour le PTB)? En faisant ça, il banalise la lutte contre l’extrême droite. Le cordon sanitaire a comme but très clair de lutter contre l’extrême droite et le racisme. Jamais en Belgique depuis 1945, il n'y a eu un cordon sanitaire autour des communistes, voire marxistes”.   

Cette proposition, pour Raoul Hedebouw, rend difficile une entente avec le MR dans un gouvernement. “Cela va être difficile. Quand on voit l’évolution de plus en plus à droite et comment le MR roule de plus en plus pour les plus riches, cela va être difficile pour le PTB de discuter d’une coalition avec le MR. Soyons clairs!”

Cependant, le président du PTB distingue cordon sanitaire et cordon médiatique. “Vous avez deux logiques différentes, côté flamand et francophone. Je pense que le cordon médiatique est efficace quand l’extrême droite n’existe pas. Mais quand l’extrême droite existe déjà et qu’il n’y a pas de cordon médiatique, comme en France, Espagne ou en Flandre, la question qui est posée au PTB c’est : soit des débats partis traditionnels/Vlaams Belang, soit des débats partis traditionnels/Vlaams Belang/PTB. Et là, je dis que pour l’anti-fascisme, il vaut mieux l’option 2. Tous les jours, quand on m’invite sur les plateaux flamands, on me dit : est-ce que vous voulez venir, s’il y a l’extrême droite?. Si moi je n’y vais pas, ils continuent le débat sans moi.” 

À ses yeux, le cordon médiatique n’est pas la seule raison de la discrétion de l’extrême droite dans la partie sud du pays. Selon lui, c’est le résultat du travail du PTB, l’absence d’histoire nationaliste. “On donne une forme positive à la colère des gens. En France, mes camarades de combat se retrouvent face à une autre situation où le FN (RN, ndlr) qui est omniprésent dans les médias. Mais quand Jean-Luc Mélenchon va débattre contre Marine Le Pen ou Zemmour, je comprends qu’il le fasse, parce qu’il faut bien, à un moment donné, pointer leur contradiction.”

 

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