16.04.22
19:14

Naufrage d'un pétrolier devant les côtes tunisiennes, pas de pollution majeure

Un pétrolier, transportant 750 tonnes de gazole, parti d'Egypte pour rejoindre Malte, a fait naufrage samedi dans le golfe de Gabès, sur la côte sud-est de la Tunisie, mais les autorités estiment pouvoir éviter une pollution majeure.

Dans des déclarations à l'AFP, la ministre tunisienne de l'Environnement Leila Chikhaoui, qui s'est rendue à Gabès, s'est montrée optimiste sur une situation décrite par ses services comme étant "sous contrôle".

"Nous pensons que la coque est encore étanche et qu'il n'y a pas eu de fuite pour le moment", a-t-elle dit lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP.

En outre, "le gazole a tendance à s'évaporer assez rapidement", dans l'éventualité où des nappes remonteraient à la surface, selon la ministre.

"Nous pensons que les moyens actuels permettront de circonscrire l'accident", a ajouté Mme Chikhaoui, disant qu'au besoin la Tunisie pourrait "faire appel à l'aide internationale".

Samedi matin, Mohamed Karray, porte-parole du tribunal de Gabès, qui a ouvert une enquête sur le naufrage, avait annoncé à l'AFP qu'un pétrolier transportant 750 tonnes de gazole avait "coulé dans les eaux territoriales tunisiennes". 

Selon M. Karray, qui est magistrat, les premières constatations montraient "des fuites minimes" sur le navire, "donc il ne devrait pas y avoir de catastrophe dans le golfe de Gabès", région qui compte près de 400.000 habitants.

Le pétrolier Xelo (immatriculé OMI 7618272) de 58 mètres de long sur 9 mètres de large, selon le site Vesseltracker, et battant pavillon de la Guinée Equatoriale, se dirigeait vers l'île de Malte en provenance du port de Damiette en Egypte, selon le ministère de l'Environnement.

Pour se mettre à l'abri, face à de mauvaises conditions météorologiques, le navire avait demandé à entrer dans les eaux territoriales tunisiennes vendredi soir.

Alors qu'il se trouvait à environ 7 km des côtes du golfe de Gabès, le pétrolier a commencé à prendre l'eau, selon le ministère. L'eau s'est infiltrée dans la salle des machines, montant jusqu'à près de deux mètres de hauteur.

Les autorités tunisiennes ont alors évacué l'équipage de sept personnes se trouvant à bord du navire en détresse, qui a coulé au petit matin.

Selon Mme Chikhaoui, les autorités attendent que "la météo soit meilleure au niveau du vent et de la houle pour que des plongeurs aillent vérifier avec davantage de certitude l'état de la coque". Ensuite, elles décideront "s'il faut pomper ou ramener le navire plus près de la côte pour sécuriser la cargaison". Aucune opération ne sera menée samedi à cause de la "météo défavorable", a dit la ministre.

Par précaution, des barrières anti-pollution sont mises en place autour du périmètre du naufrage, surveillé par les militaires et inaccessible à la presse.

 

 

Eviter une catastrophe 

 

Les autorités ont actionné "le plan national d'urgence de prévention des pollutions marines avec l'objectif de maîtriser la situation et d'éviter la propagation de polluants", selon le ministère.

Les ministères de la Défense, de l'Intérieur, des Transports ainsi que les douanes ont été mobilisés pour éviter "une catastrophe environnementale marine dans la région", selon la même source.

Les membres d'équipage -- un capitaine géorgien, quatre Turcs et deux Azerbaidjanais -- ont été brièvement "hospitalisés pour des contrôles et sont hébergés dans un hôtel", selon le porte-parole du tribunal qui a indiqué qu'ils étaient interrogés sur les circonstances du naufrage.

La région de Gabès est une importante zone de pêche mais qui a souffert ces dernières années, selon plusieurs ONG, d'épisodes de pollution. Ceux-ci sont dus aux industries de transformation de phosphate qui y sont installées et à la présence d'un oléoduc y acheminant le pétrole du sud tunisien.

Le dernier accident maritime concernant la Tunisie date d'octobre 2018, quand un navire roulier tunisien L'Ulysse était entré en collision avec un porte-conteneur chypriote CLS Virginia à 28 km au large du Cap Corse, en France.

A l'époque, une nappe de 600 tonnes de fioul de propulsion s'était échappée du porte-conteneur chypriote, qui avait nécessité l'intervention de navires français, italiens et de l'agence européenne de la mer pour limiter la pollution marine.

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