12.04.22
10:49

Ukraine: l'ONU dénonce les violences faites aux femmes et réclame de protéger les enfants

Des responsables de l'ONU ont réclamé lundi des enquêtes sur les violences faites aux femmes dans la guerre russe en Ukraine et de protéger des enfants déplacés par millions en raison du conflit, lors d'une réunion du Conseil de sécurité initiée par les Etats-Unis et l'Albanie.

Ces responsables ont aussi réclamé avec insistance l'arrêt de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. "Cette guerre doit s'arrêter. Maintenant", a martelé Sima Bahous, directrice de l'agence onusienne ONU Femmes. "Il est temps de mettre un terme à cette guerre, les enfants d'Ukraine ne peuvent pas se permettre d'attendre", a abondé Manuel Fontaine, directeur des programmes d'urgence de l'Unicef.

"Nous entendons de plus en plus parler de viols et de violences sexuelles", a déclaré Sima Bahous. "Ces allégations doivent faire l'objet d'une enquête indépendante pour garantir justice et mise en responsabilité", a-t-elle réclamé. 

Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie dispose d'un droit de veto qui peut interdire toute enquête ou adoption de ses conclusions. Des investigations peuvent toutefois être favorisées à Genève par le Conseil des droits de l'Homme dont Moscou a été écarté jeudi par l'Assemblée générale de l'ONU.

La Russie a une nouvelle fois rejeté lundi toutes les accusations proférées à son encontre par d'autres membres du Conseil de sécurité, l'ambassadeur adjoint russe Dmitry Polyanskiy plaidant pour le respect de "la présomption d'innocence" et assurant que l'"opération militaire spéciale" russe vise "à sauver l'avenir de l'Ukraine".

"La combinaison des déplacements massifs avec la présence massive de conscrits et de mercenaires, et la brutalité affichée contre les civils ukrainiens, a soulevé tous les drapeaux rouges", a cependant asséné Sima Bahous.

De retour d'une visite en Ukraine, Manuel Fontaine a lui mis en garde contre le risque de famine. "Sur les 3,2 millions d'enfants qui, selon les estimations, sont restés chez eux, près de la moitié risquent de ne pas avoir assez à manger", a-t-il estimé.

 

"Incroyable"

"La situation est pire dans des villes comme Marioupol et Kherson, où les enfants et leurs familles ont maintenant passé des semaines sans eau courante et sans services d'assainissement, sans approvisionnement régulier en nourriture et sans soins médicaux", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence de presse, il a précisé que deux tiers des 7,5 millions d'enfants ukrainiens, âgés de 0 à 18 ans, avaient été déplacés par la guerre. Ceci inclut "2,8 millions (d'enfants) de déplacés" en Ukraine et "2 millions (d'enfants) réfugiés, soit un total de 4,8 millions", a-t-il dit.

"En six semaines, c'est juste assez incroyable", a souligné le responsable onusien, en indiquant n'avoir pas connu ailleurs un tel déplacement d'enfants en aussi peu de temps.

Devant le Conseil de sécurité, l'ambassadeur ukrainien Sergiy Kyslytsya a accusé la Russie d'avoir transféré 120.000 enfants d'Ukraine vers la Russie pour, entre autres, être adoptés. Interrogé, Manuel Fontaine a indiqué n'avoir "pas de preuve" à ce stade d'un tel transfert mais promis que l'Unicef allait enquêter.

Avant la réunion, Mona Juul, ambassadrice de la Norvège à l'ONU, avait pour sa part mis l'accent sur l'absence d'éducation scolaire du fait de la guerre pour de nombreux enfants ukrainiens.

"Selon l'ONU, 5,7 millions d'enfants sont touchés par la fermeture des établissements scolaires à l'échelle nationale" en Ukraine, a-t-elle déclaré à des journalistes. "C'est 5,7 millions d'enfants qui n'avaient pas d'école où aller ce (lundi) matin. Les écoles sont importantes, non seulement pour l'éducation, mais aussi pour protéger les enfants de la violence, des abus sexuels et même de la traite des êtres humains", a-t-elle fait valoir.

"Les enfants sont innocents. Toujours. Arrêtez de les tuer. Arrêtez de détruire leur avenir. Arrêtez la guerre!", a lancé la diplomate norvégienne à l'intention de la Russie.

 

AFP

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