12.04.22
13:17

Sarkozy votera pour Macron au second tour

On est à 12 jours du second tour de l'élection présidentielle et les intentions de vote se confirment.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a choisi. Il votera pour Emmanuel Macron le dimanche 24 avril.

Il l'a annoncé sur ses réseaux sociaux.

Stéphane Rosenblatt en parle sur le plateau de LN24.

 

Nicolas Sarkozy est enfin sorti de son silence mardi, pour apporter sans surprise son soutien à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, en appelant à un rassemblement autour du président-candidat qui pourrait accélérer la recomposition de la droite.

"Je voterai pour Emmanuel Macron", affirme sur Facebook l'ancien chef de l'Etat, qui n'avait pas soutenu au premier tour la candidate LR Valérie Pécresse, au grand dam du parti qu'il avait créé.

"Je le remercie de sa confiance et de son soutien", "ça m'honore et ça m'oblige", a réagi mardi midi Emmanuel Macron, lors d'un déplacement à Mulhouse, en disant penser "qu'il faut rassembler très largement".

Pour justifier sa décision, Nicolas Sarkozy va plus loin que l'appel au barrage face à l'extrême droite et invoque des raisons de fond, soulignant "la fidélité aux valeurs de la droite républicaine" et "la valorisation du travail" par le président sortant, ainsi que son engagement européen "clair et sans ambiguïté".

Cette fidélité aux valeurs de droite et "à notre culture de gouvernement" doit selon lui "nous conduire à répondre à l'appel au rassemblement d'Emmanuel Macron en vue de l'élection présidentielle".

Une allusion claire au "dépassement politique" évoqué début avril par Emmanuel Macron.

"Une nouvelle époque s'annonce", qui "nécessitera des changements profonds", affirme encore Nicolas Sarkozy, estimant qu'"il faudra sortir des habitudes et des réflexes partisans".

Plusieurs médias avaient évoqué ces dernières semaines la volonté de Nicolas Sarkozy de négocier une coalition avec Emmanuel Macron, passant par un certain nombre de députés, voire un poste de Premier ministre, même si le score calamiteux (4,78%) de LR au premier tour de la présidentielle affaiblit considérablement le pouvoir de négociation de la droite.

Quoique attendue, cette prise de position très détaillée sur le fond est un pavé dans la mare des Républicains, qui ont martelé lundi n'être "fongibles ni dans le macronisme, ni dans le lepénisme".

"Cela ne change rien sur la décision du bureau politique votée hier", commentait-on sobrement dans l'entourage du président Christian Jacob.

 

"Ca va tanguer"

Mais certains ne cachent pas leur amertume.

"Nous ne reconstruirons pas la droite en nous diluant dans le macronisme. Nous rebâtirons sur la fidélité à nos convictions", a affirmé sur Twitter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, en parlant de "position personnelle" de Nicolas Sarkozy qui n'est "pas celle de notre famille politique".

Le fossé entre Nicolas Sarkozy et LR n'a cessé de se creuser pendant la campagne présidentielle où il n'a jamais apporté son soutien à Valérie Pécresse.

Selon des propos rapportés dans la presse, l'ancien chef de l'Etat, qui cultive une proximité avec Emmanuel Macron, s'est montré très dur envers Mme Pécresse: "inexistante", "Valérie n'a rien compris", "elle serait bien inspirée de me citer"...

Les LR, qui juraient encore en début d'année leur confiance dans la fidélité de l'ancien chef de l'Etat, avaient fini par abandonner tout espoir de soutien. "Je trace ma route", répétait avec fatalisme Valérie Pécresse dont le nom n'apparaît pas mardi dans le texte de M. Sarkozy.

La rupture a été publiquement consommée au dernier meeting parisien de la candidate, lorsque le nom de Nicolas Sarkozy a été sifflé et hué par une partie du public.

"J'ai beaucoup attendu que Nicolas Sarkozy vienne nous aider quand Valérie Pécresse était en difficulté. Il sort du silence pour nous expliquer qu'il veut une grande recomposition avec En Marche, la réponse est non", a affirmé sur BFMTV le député souverainiste Julien Aubert.

Mais la tentation pourrait être grande chez les députés LR inquiets de leur réélection aux législatives de juin, ou dans l'aile modérée du parti, dont une partie est déjà partie chez Macron ou le parti Horizons d'Edouard Philippe.

"L'hypothèse devra être sur la table, ça va tanguer", estime un député, selon qui une vingtaine de députés étaient favorables à une forme de coalition avant la présidentielle.

Dès mardi, le député de l'Yonne Guillaume Larrivé a estimé que Nicolas Sarkozy avait "raison de s'engager avec force et clarté" pour Emmanuel Macron car "c'est le seul choix conforme à l'intérêt national". 

Dimanche soir Jean-François Copé avait plaidé pour qu'Emmanuel Macron "associe" la droite à un "pacte gouvernemental". 

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