12.04.22
08:52

100.000 tests salivaires mis à la disposition de la police  

Cette année, 100.000 tests salivaires seront mis à la disposition de la police dans le cadre de la lutte contre la conduite sous l’influence de drogues. Il s’agit d’un doublement par rapport à 2021 et d’un triplement par rapport à 2020

Le nombre d'accidents dus à la consommation de drogues augmente d'année en année. Le Vice-premier ministre et ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne souhaite augmenter fortement la probabilité de se faire prendre et réduire le nombre de victimes de la route.

La drogue au volant occupe malheureusement à nouveau le devant de l’actualité, après qu'un accident de bus sur la E19 à Sint-Job-in-'t-Goor, dimanche après-midi, a coûté la vie à deux personnes et blessé cinq autres qui se trouvent dans un état critique. Le test salivaire du chauffeur s’est révélé positif.

Un test sanguin et une analyse plus approfondie doivent maintenant révéler si la consommation de drogue est effectivement à l’origine de l'accident.  

  

Le nombre d'accidents de la route dus à la consommation de drogues est en augmentation. En 2020, 913 accidents dans lesquels un conducteur a été pris sous l'influence de drogues ont été enregistrés dans notre pays, contre 889 en 2019 et 685 en 2018.

Bien que les mesures corona aient contribué à réduire le trafic sur les routes ces dernières années, les chiffres du premier semestre 2021 suggèrent fortement que cette tendance va se poursuivre et s'intensifier. En effet, rien qu’au cours du premier semestre de l'année dernière, la police a enregistré 547 accidents de la circulation causés par la consommation de drogues, dont 6 mortels.

En comparaison, en 2020 et 2019, il y a eu respectivement 8 et 6 tués dus à la conduite sous l’influence de drogues, mais à chaque fois sur l'ensemble de l'année. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.  Il est évident que des moyens supplémentaires doivent être déployés pour bannir les drogues de la circulation. En effet, derrière ces statistiques, se cache une énorme souffrance humaine. Les chiffres précédents illustrent uniquement les résultats des tests de dépistage de drogues effectués après un accident.

Mais dans pareils cas, le mal est fait et la souffrance est irréversible. Des études montrent que la consommation de drogues multiplie jusqu’à 30 fois le risque d’accident entraînant des pertes humaines ou des dommages corporels. 

  

Trois fois plus de risques de se faire prendre  

Pour cette raison, le vice-Premier ministre et ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne souhaite agir de manière plus préventive et augmenter fortement la probabilité de se faire prendre, tant lors des contrôles routiers réguliers qu'en cas de comportement suspect au volant.

En effet, selon l’étude menée par VIAS, le risque de se faire prendre est beaucoup trop faible. Dans le cadre de cette étude, des centaines d’automobilistes ont été interrogés et 24,1 % des participants ont indiqué avoir subi un contrôle d’alcoolémie au cours de l'année écoulée, tandis que 4,1 % seulement avaient fait l’objet d’un contrôle en matière de drogues.

Raison pour laquelle le nombre de tests salivaires mis à la disposition de la police sera porté à 100.000. C'est un doublement par rapport à 2021 et un triplement par rapport à 2020. Sur les 100.000 tests salivaires, 80% sont destinés à la police locale et 20% à la police fédérale. Ce niveau d’ambition a été fixé après concertation avec la police.  

  

En cas de moindre indice ou doute  

La forte augmentation de la capacité permet à la police de procéder plus rapidement à un test de dépistage de drogues, sans qu’elle doive surveiller le stock de tests pour être en mesure de boucler l'année. Les inspecteurs procèdent à un test après le passage en revue d’une check-list.

Les conducteurs qui répondent à certains critères tels que des yeux injectés de sang, un comportement nerveux, la présence de certains accessoires suspects dans la voiture, etc. sont contrôlés. Du fait qu’il y a un plus grand nombre de tests de dépistage de drogues à disposition, l’on peut effectuer des contrôles au moindre indice ou doute.   

  

Le nombre de collecteurs de salive augmente également  

En cas de test salivaire positif, la police devait auparavant demander à un médecin d’effectuer une prise de sang, qui permettait de savoir quelles drogues le conducteur avait prises et en quelle quantité.

Cette prise de sang était nécessaire comme base légale et pour exclure tout faux positif. Depuis le 1er avril 2019, la procédure est simplifiée et le médecin n’est plus nécessaire. En effet, depuis la police peut utiliser un collecteur de salive après un test salivaire positif.

La salive est recueillie dans un tel collecteur qui est ensuite envoyé à un laboratoire pour une analyse plus approfondie. Etant donné que l’on augmente le nombre de tests salivaires mis à disposition, on fait la même chose pour le nombre de collecteurs. Selon les statistiques, il faut environ 1 collecteur pour 4 tests salivaires.

En 2022, 28.000 collecteurs sont prévus, alors qu’en 2021 et 2020, ils étaient respectivement 15.000 et 5.000.   

  

Interdiction de conduire et amende  

Comme mesure préventive, le parquet retire toujours le permis de conduire pendant 15 jours en cas de test salivaire positif. Si l’analyse en laboratoire indique qu'il s'agit d'un faux positif, ce qui est possible mais rare, le permis de conduire est restitué. En cas d’analyse de salive positive, la loi prévoit une citation devant le tribunal de police et une transaction est exclue.

L’usage de drogues dans la circulation est puni d’une interdiction de conduire d’un mois minimum à cinq ans maximum et d’une amende de 1.600 euros à 16.000 euros. Le juge a également la possibilité de prononcer une interdiction de conduire à vie, par exemple s’il s’avère qu’un conducteur souffre d’un problème de dépendance persistant et qu’il n’est pas en mesure de présenter des tests urinaires négatifs lors du procès.  

  

« Le nombre d'accidents de la route impliquant des conducteurs sous l'influence de drogues augmente chaque année. En 2019, 889 accidents dus à la consommation de drogues au volant ont été recensés, et malgré les mesures corona, ce chiffre a encore augmenté pour atteindre 913 accidents en 2020. À la lumière des chiffres du premier semestre de 2021, cette augmentation se poursuit. Il faut augmenter la probabilité d’intercepter les conducteurs sous influence. Nous mettons une multitude de tests de dépistage de drogues à la disposition des zones de police. Plus précisément, nous sommes passés de 36.000 tests disponibles en 2020, à 50.000 en 2021 et à 100.000 en 2022. Cela nous permettra d’avoir une meilleure idée de l’ampleur réelle de la consommation de drogue dans la circulation et de tripler le risque de se faire prendre. », Vincent Van Quickenborne, vice-Premier ministre et ministre de la Justice :

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