07.04.22
07:44

Numéros INAMI: "Il est temps que cet accord atterrisse mais pas à n'importe quel prix"

Lucas Van Molle, président de la FEF (Fédération des étudiants francophones), était l'invité de Romuald La Morté.

Le dossier des numéros INAMI aurait dû aboutir avant les vacances de Pâques. Certaines voix évoquent un protocole d'accord entre le cabinet de Frank Vandenbroucke et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Reste à voir si la Flandre sera d'accord avec cet accord.

"Il faudrait qu'on aboutisse et qu'on aille vers une augmentation des quotas pour répondre à la pénurie qu'on vit actuellement, qui est une pénurie qui a un impact sur la santé publique et un impact sur les conditions de travail des médecins. La crise a aussi montré toute la faiblesse du système de soins de santé et donc il faut un accord. Il faut qu'on aille aussi vers une libération de l'angoisse des étudiants qui sont actuellement dans le cursus."

Dans ce projet d'accord, le concours d'entrée en médecine semble avaliser par tous les partenaires. Une décision qui ne plait pas à la FEF.

"C'est une limitation à l'accès des études. Le concours aggrave les inégalités de l'enseignement supérieur parce qu'il ne suffit pas de réussir. Il faut en plus se classer en ordre utile, donc il faut être parmi les meilleurs. Or, on le sait aujourd'hui, avec le système d'enseignement obligatoire qu'on a en Communauté française, les meilleurs, in fine, c'est ceux qui viennent d'un milieu plutôt privilégié. (...) Donc si on a un accord qui du coup est dommageable pour l'enseignement supérieur, il faudrait en contrepartie pour avaler un peu plus facilement la couleuvre, avoir un accord historique sur les soins de santé qui va vraiment vers, je le disais tout à l'heure, une augmentation des quotas, une augmentation des praticiens significative."

L'exploitation des médecins assistants a une nouvelle fois fait l'actualité après une inspection de l’auditorat du travail. 

"Il y a un problème grave qui n'est pas en fait indépendant de cette question de la pénurie, de cette question de la restriction de l'accès à la formation. Parce que moins il y a de médecins, moins il y a d'assistants, mais plus ils doivent faire des heures. Ça montre aussi qu'il faut vraiment qu'on sorte d'un paradigme, qu'on revoit la logique des conditions de travail, de la force de travail d'un médecin. Il faut sortir de ce fantasme du médecin qui fait 18h de garde par jour. C'est pas sain. Je suis inquiet en tant que président de la FEF, mais je suis aussi plus égoïstement inquiet en tant que patient. En tant que patient, je n'ai pas envie de me retrouver face à un médecin qui vient d'enchaîner 18h de garde. Ça a évidemment un effet sur ses capacités à traiter correctement le patient. L'année passée. Il y a plus deux médecins assistant sur trois qui disaient être conscients d'avoir été un moment pendant leur stage, un danger pour leurs patients."

 

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans la vidéo ci-dessus.

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