04.04.22
20:50

La présidente du Parlement européen réclame des embargos contraignants sur les énergies russes

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a appelé lundi les dirigeants des 27 à instaurer des "embargos contraignants" sur les importations énergétiques russes, et accusé la Russie d'avoir commis des "crimes de guerre" en Ukraine.

"L'Europe doit accélérer sur sa politique de dépendance zéro vis-à-vis du Kremlin, se libérer des approvisionnements énergétiques russes, mettre en place des embargos contraignants et cesser de financer indirectement les bombes", a déclaré Roberta Metsola en ouverture de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg.

Cette déclaration intervient alors que les dirigeants des 27 discutent en "urgence" de nouvelles sanctions contre Moscou, selon le haut représentant de l'UE Josep Borrell. 

L'unanimité est nécessaire pour que de nouvelles mesures soient adoptées, mais l'Allemagne comme l'Autriche excluent toujours de viser les importations de gaz russe.

Le PPE (droite), premier groupe au Parlement, "soutient un embargo sur le charbon et le pétrole", a indiqué dans l'hémicycle l'eurodéputé allemand Peter Liese.

La nécessité de réduire le recours aux énergies fossiles fait consensus mais l'UE "mise sur le gaz naturel liquéfié", notamment américain, "et refuse de débattre" d'une interdiction sur le gaz russe, a dénoncé Bas Eickhout (Verts).

De retour d'une visite à Kiev vendredi, où elle a notamment rencontré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le premier ministre, Denys Chmyhal, Roberta Metsola a également dénoncé "les atrocités commises par l'armée russe en Ukraine".

"Ce sont des crimes de guerre, commis par des criminels de guerre, et ces actes inhumains et coordonnés ne peuvent rester sans réponse", a-t-elle insisté, après la découverte ce week-end de dizaines de corps portant des vêtements civils à Boutcha, au nord-ouest de Kiev.

Elle a réclamé "l'adoption immédiate" de nouvelles sanctions contre "les oligarques de Poutine et ceux qui le soutiennent", ainsi que l'augmentation des livraisons "d'aide humanitaire et d'équipement militaire", dont les populations ukrainiennes "ont désespéremment besoin".

Les eurodéputés ont observé une minute de silence en hommage aux victimes de la guerre en Ukraine. Ils doivent débattre mercredi d'une résolution sur les sanctions de l'UE et leur mise en oeuvre, avant un vote prévu jeudi.

Dans une lettre adressée dimanche à la Commission européenne et au Conseil européen et consultée par l'AFP, 207 députés européens de tous bords demandent la convocation "immédiate" d'un sommet européen extraordinaire après les accusations de Kiev contre les forces russes notamment à Boutcha et le siège de Marioupol.

Ils réclament un "embargo total sur le pétrole, le gaz et le charbon russes", la fermeture des ports aux navires et marchandises russes, la déconnexion "complète de toutes les banques russes" de SWIFT, et l'extension de la liste des oligarques sanctionnés.

"Alors que Poutine concentre désormais son agression sur l'est et le sud de l'Ukraine, il est également urgent d'envoyer davantage d'armes et d'équipements militaires", écrivent les eurodéputés, incitant les dirigeants européens à puiser dans la "Facilité européenne pour la paix".

La "Facilité européenne pour la paix" est un fonds doté de 5 milliards d'euros, abondé par les Etats membres hors du budget communautaire.

Les 27 se sont mis d'accord sur une enveloppe d'un milliard d'euros pour fournir des armements à l'Ukraine.

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