04.04.22
15:12

Enfants et parents séparés: Shanghai défend sa mesure anti-Covid controversée

Les autorités de Shanghai ont défendu lundi leur politique controversée qui consiste à séparer les enfants positifs au coronavirus de leurs parents, la frustration étant croissante dans la capitale économique chinoise, sous confinement jusqu'à nouvel ordre.

La métropole de 25 millions d'habitants est l'épicentre de la pire flambée de Covid-19 en Chine depuis début 2020, liée au variant Omicron. La très grande majorité des Shanghaïens sont désormais confinés à domicile.

Le ministère de la Santé a annoncé lundi plus de 9.000 nouveaux cas positifs à Shanghai - à 95% asymptomatiques. 

En Chine, toute personne testée positive, même asymptomatique, est isolée des personnes non contaminées. Les autorités shanghaïennes ont confirmé lundi que cette mesure s'appliquait également aux enfants.

"Si un des parents est également infecté, il pourra accompagner l'enfant et prendre soin de lui" dans un endroit dédié "où ils seront traités", a déclaré lundi Wu Qianyu, une responsable des services de santé municipaux.

Mais "si les membres de la famille ne remplissent pas les conditions d'accompagnement", c'est-à-dire ne sont pas contaminés eux-mêmes, les enfants seront séparés de leurs parents, a-t-elle souligné devant la presse.

Les plus de 7 ans seront hébergés dans des centres de quarantaine et les moins de 7 ans, s'ils sont seuls, seront pris en charge par des centres de santé publique - au confort a priori supérieur.

Des vidéos non vérifiées ont circulé ces derniers jours sur l'internet chinois, montrant de très jeunes enfants non accompagnés dans ce qui semble être un hôpital de quarantaine. Elles ont alimenté l'inquiétude des parents.

De nombreux internautes ont critiqué lundi la nouvelle annonce des autorités de Shanghai.

"Les parents doivent maintenant +remplir des conditions+ pour accompagner leur enfant? Absurde! C'est juste un droit élémentaire", s'emportait un utilisateur du réseau social Weibo.

"Les services de santé de Shanghai sont inhumains", pestait un autre. "Si j'étais parent, je me ferais contaminer exprès pour pouvoir accompagner mon enfant", écrivait un troisième.

Confinement prolongé 

Le mécontentement grimpe par ailleurs à Shanghai face à l'incapacité des autorités à vaincre l'actuelle flambée épidémique.

Après plusieurs semaines de fermetures ciblées de bâtiments résidentiels spécifiques, Shanghai a décrété ces derniers jours des confinements stricts des parties est, puis ouest de la ville. Ils étaient censés durer quatre jours chacun pour réaliser le dépistage des habitants.

Mais alors que le confinement devait être théoriquement levé ce mardi dans la ville, celui-ci va finalement se poursuivre au raison du nombre élevé de cas positifs détectés.

"Nous allons continuer à effectuer des tests, poursuivre le réexamen (des cas positifs) et le transport des personnes" infectées vers les centres de quarantaine, ont indiqué sans grande surprise lundi soir les autorités sanitaires de Shanghai.

"Une fois ces tâches achevées, les prochaines mesures de contrôle seront précisées (...) D'ici là, la ville continuera à appliquer le confinement, sauf pour les personnes nécessitant un traitement médical."

Plus de 38.000 professionnels de santé originaires de 15 provinces ont été dépêchés à Shanghai pour aider à combattre la flambée épidémique, a indiqué lundi la télévision publique CCTV, qui cite le ministère de la Santé.

Mais si la logistique est relativement bien huilée, de nombreux habitants se sont plaints ces derniers jours de difficultés pour s'approvisionner en produits frais, accéder aux hôpitaux ou sortir leurs chiens.

Le ministère de la Santé a annoncé lundi, pour le deuxième jour consécutif, plus de 13.000 nouveaux cas positifs en Chine - des niveaux jamais atteints depuis février 2020.

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