01.04.22
11:41

Routes de campagne: "Ici, on recherche un médecin"

En France, 7,4 millions de personnes vivent dans un désert médical. Une zone où l’accès aux soins de santé est limité. Le département de la Creuse est particulièrement touché par ce manque de médecins qui est un des enjeux majeurs de la campagne présidentielle.

 

"Ici, on recherche un médecin". Dans le centre de Saint-Dizier-Leyrenne, une banderole essaye désespérément d’attirer un généraliste. Ce petit village de 1200 habitants sera bientôt sans médecin de campagne. Le docteur Guillaumot, bientôt 68 ans, a prévu de prendre sa retraite en juillet prochain. Pour l’instant, il n’a toujours pas de remplaçant. "J’aimerais trouver quelqu’un qui soit désireux de venir prendre la suite, mais ce n’est pas simple, avoue le toubib local. Des médecins formés, il y en a peu." Sa patientèle s’inquiète. Ici, trouver un nouveau médecin est une gageure. Joël Royère, le maire de la bourgade, partage aussi cette crainte : "Il faut faire la chasse. Chaque commune essaye de trouver un médecin, mais ce n’est vraiment pas facile."

En Creuse, il n’y a plus que 90 généralistes pour 117 000 habitants. Il y a encore quinze ans, il y a en avait 145. Mais leur moyenne d’âge est de 54 ans. Petit à petit, ces médecins de famille partent à la retraite et ne sont pas remplacés. Leur patientèle doit alors être absorbée par d’autres médecins du coin, déjà complètement saturés. Le problème est national. La France est touchée par une pénurie de docteurs. En cause : le numérus clausus.

Cette limite du nombre d’étudiants en médecine a été instaurée en 1971. L’Etat estimait alors qu’il y avait trop de médecins. Mais cette politique n’a pas pris en compte les départs à la retraite et le vieillissement de la population. La conséquence c’est une demande médicale de plus en plus importante, et de moins en moins de médecins. Malgré une hausse des quotas à partir du début des années 2000, il n’y a toujours pas assez de médecins formés en France.

 

Un thème majeur de la campagne présidentielle

En 2021, Emmanuel Macron a partiellement supprimé ce numérus clausus, mais il faudra au moins 10 ans avant de résorber le retard accumulé. Les candidats à l’élection présidentielle proposent chacun leur méthode personnelle pour résoudre ce problème de santé publique.

Le président-candidat Macron veut développer les téléconsultations, à distance dans les territoires les plus éloignés, et doubler le nombre de maisons de santé. Marine Le Pen propose des incitations financières fortes pour les soignants. La candidate d’extrême droite aimerait aussi augmenter l’attractivité des zones et le nombre de maisons de santé.

Du côté des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon souhaite imposer un lieu d’installation pour 10 ans aux jeunes médecins, avec une forte contrepartie financière. Il promet aussi le recrutement de médecins publics, l’augmentation des moyens des facultés de médecine avec une véritable suppression du numerus clausus à la clé et la création de centres de santé publics avec des médecins salariés.

Enfin, Valérie Pécresse présente, selon elle, un programme Zéro désert médical. Elle veut une 4ème année de formation pour les internes en médecine générale. Ils seraient alors envoyés dans les zones à faible densité médicale. Son objectif : 4 000 "docteurs juniors" par an.

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