29.03.22
14:44

Routes de campagne: Oléron, symbole de la lutte complexe contre le dérèglement climatique

C'est la troisième étape de nos Routes de Campagne. Nos envoyés spéciaux se rendent aujourd'hui sur l'île d'Oléron, en Charente-Maritime, où les effets du changement climatique sont déjà bien réels. Mais où les solutions proposées peinent à faire l'unanimité.

La pointe sud de l'île d'Oléron est la zone d'Europe la plus touchée par l'érosion. Si ce phénomène est d'abord naturel et dû à la topographie de l'île, il s'empire à cause du changement climatique. Montée du niveau de la mer, multiplication et intensification des tempêtes, Éric Chaumillon, professeur en géologie marine à l'université de La Rochelle, mesure l'évolution de l'érosion depuis plus de 20 ans. Il a déjà vu disparaître plus de 200 mètres de côte.

 A l'est de l'île, c'est la faune qui est touchée. C'est ici, qu'on produit le plus d'huîtres en Europe. La moitié des huîtres françaises viennent de cette petite île. Mais avec l'augmentation de la température de l'eau, cette économie locale qui fait vivre 6000 personnes dans la région, pourrait être mise en péril. Philippe Morandeau, ostréiculteur depuis près de cinquante ans, s'inquiète pour la suite de son exploitation. Le cycle de reproduction des huîtres et leur développement risque d'être perturbé. Il prévient : "Le consommateur va devoir s'habituer à manger des coquillages plus petits qu'aujourd'hui".

Mais Oléron illustre surtout la complexité de la lutte contre ces dérèglement climatique. Alors que les conséquences sont déjà très présentes et qu'elles menacent les habitants de l'île, il y a énormément de résistance aux solutions proposées par l'État. Au large, un parc éolien offshore devrait sortir de mer d'ici quelques années. Le projet est en cours depuis une dizaine d'années, mais fait face à une importante levée de boucliers. Les acteurs touristiques craignent pour l'avenir des paysages, et les marins-pêcheurs pour la pérennité de leurs zones de pêches. "Cela va créer de nombreuses perturbations pendant la durée des travaux, et à long terme les fonds marins vont être abîmés" s'inquiète Lionel Andrez, marin-pêcheur au port de la Cotiniere.

Malgré l'urgence de la crise climatique, et la nécessité d'actions concrètes régulièrement rappelée par les scientifiques du GIEC, la thématique de l'écologie peine à s'imposer dans les débats de cette campagne présidentielle.

Partager cet article

Partager cet article