29.03.22
06:26

Le Chilien Nicolas Zepeda jugé aux assises pour l'assassinat de son ex-petite amie japonaise

La cour d'assises du Doubs juge à partir de mardi le Chilien Nicolas Zepeda, accusé d'avoir assassiné son ex petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, disparue sans laisser de trace, le 5 décembre 2016 à Besançon

Le jeune homme de 31 ans, qui clame son innocence, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

A partir de 10H00 mardi et jusqu'au 12 avril, le sort de Narumi Kurosaki - 21 ans au moment des faits et dont le corps n'a jamais été retrouvé - sera au coeur de ce procès hors normes, couvert par une quarantaine de médias et dont les audiences feront l'objet d'une traduction simultanée intégrale en espagnol et en japonais.

Après la journée de mardi qui visera principalement à cerner la personnalité de l'accusé, les témoins seront entendus à compter de mercredi avant que l'accusé ne soit interrogé pour la première fois le lendemain sur les faits proprement dits, du moins si la cour s'en tient au planning prévu.

"Il n'y a pas de preuve de décès, ni de lieu, ni de modalités précises, pas de scénario clair de ce qui est arrivé. (...) Ce dossier est un peu un château de cartes", soutient la défense du Chilien, détenu à Besançon depuis l'été 2020 après avoir été extradé du Chili.

 

"D'autres scénarios" 

Nicolas Zepeda affirme avoir passé la nuit du 4 au 5 décembre et la journée suivante avec son ex petite amie. Il l'aurait quittée vivante le 6 décembre vers 04H30 du matin et aurait poursuivi ensuite son périple européen comme prévu.

"Ni leur relation, ni son parcours, ni sa personnalité ne donnent aucun élément qui viendrait expliquer ou annoncer un tel passage à l'acte", insiste la défense.

L'accusation propose une toute autre version: ne supportant pas d'avoir été éconduit, celui qui avait rencontré un an plus tôt Narumi Kurosaki dans une université au Japon, se serait rendu sciemment à Besançon, où elle étudiait le français, pour l'y retrouver par surprise.

Il l'aurait étouffée dans sa chambre du campus universitaire avant de se débarrasser du corps dans une forêt du Jura, non loin de Dole. Nicolas Zepeda aurait ensuite envoyé des messages aux proches de Narumi Kurosaki sur les réseaux sociaux, se faisant passer pour sa victime, le temps de regagner le Chili sans être inquiété.

Du côté des parties civiles, la famille de Narumi Kurosaki et son nouveau petit ami français, Arthur Del Piccolo, s'attendent à ce que Nicolas Zepeda propose "d'autres scénarios que celui qui l'accuse".

"Nous n'avons strictement aucun doute concernant l'implication de Zepeda parce que de nombreux éléments au dossier établissent cette implication", affirme Me Randall Schwerdorffer, avocat de M. Del Piccolo.

Parmi ces éléments figurent des données de téléphonie, la géolocalisation de la voiture louée par Nicolas Zepeda lors de son séjour en France, des achats par carte bancaire dont celui d'un bidon de produit inflammable et d'allumettes ou le témoignage troublant d'un cousin auquel il avait rendu visite en Espagne avant de retourner au Chili.

 

Aveux 

Dans la nuit du 4 au 5 décembre, des "hurlements de terreur", des "cris stridents de femme", comme "dans un film d'horreur" ou comme si "quelqu'un était en train de se faire assassiner", avaient été entendus par des étudiants de la Cité U où résidait Narumi Kurosaki. Mais aucun d'entre eux n'avait alerté la police. Puis les messages envoyés par Nicolas Zepeda aux proches de l'étudiante auraient brouillé les piste, selon l'accusation, retardant encore le signalement de sa disparition qui n'était intervenu que le 13 décembre.

Fiers de leur fille et de ses brillantes études, les parents séparés de Narumi, issue d'un milieu très modeste, attendent avant tout de ce procès que Nicolas Zepeda passe aux aveux.

"Ils voudraient revenir avec le corps de leur fille" pour lui offrir des funérailles et pouvoir enfin faire leur deuil, souligne Me Sylvie Galley, leur avocate. La mère et une des soeurs de Narumi Kurosaki sont venues du Japon faire face à l'accusé.

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