29.03.22
16:31

Afghanistan: l'aide pourrait aller à d'autres crises si les écoles pour filles ne rouvrent pas

L'aide de la communauté internationale pourrait aller vers d'autres crises humanitaires dans le monde si les talibans tardent à rouvrir les écoles secondaires pour filles en Afghanistan, a prévenu mardi le chef du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Les talibans, au pouvoir depuis août 2021, sont revenus la semaine dernière sur leur décision de permettre aux filles d'étudier dans le secondaire, quelques heures à peine après la réouverture qui avait été annoncée de longue date.

L'annonce, aussi brutale qu'inattendue, a eu lieu alors que de nombreuses élèves étaient déjà revenues en cours.

"Un retard supplémentaire serait préjudiciable pour l'avenir des filles afghanes, et cela affecterait aussi la façon dont la communauté internationale s'engagerait à travailler avec les Afghans", a déclaré à Kaboul à la presse le chef du PNUD, Achim Steiner, lors d'une visite de deux jours en Afghanistan.

"Pour nous et les Nations unies, c'est un moment critique (...), mais les dirigeants afghans doivent également comprendre que le monde peut très facilement se tourner vers d'autres crises" humanitaires dans le monde, a-t-il prévenu.

Le ministère de l'Education n'a pas donné d'explication claire pour justifier la fermeture du secondaire pour les filles, évoquant seulement "quelques problèmes d'ordre pratique" qui n'ont "pas été résolus avant la date limite prévue pour l'ouverture".

"S'il y a des contraintes techniques, s'il y a des raisons pour lesquelles cela n'a pas été possible" de rouvrir les écoles pour les filles, "alors, s'il vous plaît, dites-le nous, nous en ferons une priorité", a dit le chef du PNUD à l'adresse des talibans.

"Mais s'il s'agit du signal d'un revirement plus profond de ce principe (d'éducation pour toutes les filles), alors cela créerait, je pense, une crise dans les relations entre la communauté internationale et le pays", s'est inquiété M. Steiner.

La communauté internationale a fait du droit à l'éducation pour tous une pierre d'achoppement dans les négociations sur l'aide et la reconnaissance du régime des islamistes fondamentalistes.

Depuis l'arrivée au pouvoir des talibans en août dernier, et l'arrêt de l'aide internationale, qui représentait 75% du budget afghan, le pays est plongé dans une profonde crise financière, aggravant une situation humanitaire déjà désastreuse après quatre décennies de conflit et des récentes sécheresses.

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