28.03.22
14:40

Après Heineken, Carlsberg annonce son retrait de Russie, un de ses principaux marchés

Le brasseur danois Carlsberg a annoncé lundi sa décision de quitter la Russie avec la mise en vente de ses importantes activités dans le pays, qui comptent 8.400 employés, à la suite de l'invasion de l'Ukraine.

"Nous avons pris la décision difficile et immédiate de viser une vente complète de nos activités en Russie, ce que nous pensons être la chose à faire dans le contexte actuel. Une fois finalisée, nous n'aurons plus de présence en Russie", explique le groupe dans un communiqué.

L'annonce du géant danois de la bière, qui détient l'importante marque russe Baltika depuis 2000, intervient quelques heures après une décision similaire de son concurrent Heineken.

Carlsberg, un des principaux brasseurs mondiaux, avait déjà suspendu début mars sa production et ses ventes en Russie, et initié un audit sur son avenir dans le pays dont les conclusions sont annoncées ce lundi.

L'an passé, le groupe a réalisé près de 870 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le pays, soit 13% de ses ventes, et plus de 90 millions de bénéfice opérationnel, soit 9% de ses profits.

D'ici la vente de ses activités russes, "nous maintiendrons le niveau réduit d'activité pour assurer les revenus des employés et de leurs familles", précise Carlsberg.

"Tout bénéfice généré durant la crise humanitaire sera donné à des organisations d'aide", indique le patron du groupe, Cees't Hart.

Dans la foulée de cette annonce, l'action Carlsberg bondissait de près de 8% à la Bourse de Copenhague vers 13H00 GMT, à 884,60 couronnes.

Après son entrée au capital en 2000, Carlberg était devenu l'actionnaire majoritaire de Baltika en 2008.

Les 8.400 employés en Russie représentent près de 20% du nombre total de collaborateurs du groupe, qui détient outre Carlsberg les marques Tuborg, Kronenbourg et 1664.

Des centaines d'entreprises et groupes internationaux ont ces dernières semaines annoncé, certains sous pression, la suspension de leurs activités en Russie ou leur retrait progressif du pays en raison de l'invasion de l'Ukraine. 

Peu avant dans la journée, le brasseur néerlandais Heineken avait aussi annoncé qu'il quitterait la Russie, où il compte 1.800 employés, se disant "choqué et attristé" de voir le conflit s'intensifier en Ukraine. 

L'entreprise avait annoncé plus tôt ce mois-ci l'arrêt de la vente et de la production de sa marque de bière Heineken en Russie, et la suspension de nouveaux investissements et exportations vers le pays. 

Des centaines d'entreprises occidentales ont amorcé leur retrait de Russie depuis le début de la guerre en Ukraine, parmi lesquelles Coca-Cola, Ikea, Goldman Sachs et McDonald's. 

"Nous sommes choqués et profondément attristés de voir la guerre en Ukraine (...) s'intensifier", a déploré Heineken dans un communiqué. 

L'activité du groupe en Russie n'est "plus viable dans l'environnement actuel", a souligné le deuxième plus gros brasseur mondial. "Par conséquent, nous avons décidé de quitter la Russie", a-t-il ajouté.

"Nous visons une cession ordonnée de notre entreprise à un nouveau propriétaire en pleine conformité avec les lois internationales et locales", a précisé Heineken. 

Le brasseur a souligné qu'il ne profiterait pas d'une telle cession de propriété et prévoit que la transaction lui coûtera 400 millions d'euros en raison de la perte de valeur de l'actif et autres "charges exceptionnelles".

Le groupe a garanti le paiement des salaires de ses 1.800 collaborateurs en Russie jusqu'à fin 2022. 

Pas "vraiment parti" 

Fondé au XIXe siècle à Amsterdam, Heineken produit et vend plus de 300 marques de bière et de cidre, dont Heineken, Strongbow et Amstel, et emploie plus de 85.000 personnes à l'échelle mondiale.

Le brasseur néerlandais avait le 9 mars annoncé l'arrêt de la production et de la vente de sa bière commercialisée en Russie sous sa marque Heineken. La société avait déclaré qu'elle n'accepterait plus "aucun avantage financier net découlant de nos opérations russes".

Mais le groupe possède également 16 marques locales en Russie et, en plus de Heineken, vend 9 autres marques internationales, dont Amstel, avait relevé le 10 mars la VEB, une association néerlandaise défendant les intérêts des investisseurs.

Interrogé par le radiodiffuseur public NOS, le directeur de la VEB Gerben Everts avait accusé le brasseur de n'être pas "vraiment parti" de Russie, puisqu'il continuait d'y vendre d'autres marques.  

Selon l'agence de presse néerlandaise ANP, la Russie représente moins de 2% du chiffre d'affaires du groupe. 

Des centaines d'entreprises et groupes internationaux ont ces dernières semaines annoncé, certains sous pression, la suspension de leurs activités en Russie ou leur retrait progressif du pays en raison de l'invasion de l'Ukraine. 

La semaine dernière, le président Zelensky, dans un message au Parlement français, avait exhorté les entreprises françaises implantées en Russie à cesser de soutenir "la machine de guerre" russe et à quitter ce pays, citant Renault, Auchan et Leroy Merlin.

Renault avait d'emblée annoncé la suspension des activités de son usine à Moscou. Mais Auchan, qui emploie 30.000 personnes en Russie, maintient pour l'instant ses activités dans le pays, arguant notamment de la nécessité de "protéger le pouvoir d'achat" des Russes.

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