21.03.22
11:54

Les services secrets russes demandent l'interdiction "immédiate" de Facebook et Instagram

Les services de sécurité russes (FSB) ont exigé lundi l'interdiction "immédiate" des réseaux sociaux américains Facebook et Instagram, au premier jour d'un procès pour "extrémisme" dans un contexte de répression renforcée depuis l'offensive en Ukraine.

"Les activités de Meta (maison mère de Facebook et Instagram) sont dirigées contre la Russie et ses forces armées. Nous demandons son interdiction et l'obligation d'appliquer cette mesure immédiatement", a déclaré lors de l'audience un porte-parole du FSB, Igor Kovalevski, cité par l'agence de presse Interfax. 

Un procureur a lui aussi demandé l'interdiction de Meta, "en raison de signes manifestes d'activité extrémiste". Il a toutefois demandé d'exempter de cette interdiction l'application de messagerie WhatsApp, qui appartient également à Meta. Le 11 mars, le Parquet russe avait demandé de classer Meta organisation "extrémiste", mesure ouvrant la voie à l'interdiction de toutes ses activités en Russie. 

Cette demande faisait suite à la décision de la maison-mère de Facebook et d'Instagram d'assouplir son règlement quant aux messages violents contre l'armée et les dirigeants russes, en lien avec l'opération militaire de Moscou en Ukraine.

Le Parquet a estimé que Meta justifiait des "actions terroristes" et voulait inciter à "la haine et à l'inimitié" à l'égard des Russes. Selon l'agence de presse russe TASS, un représentant de Meta a déclaré lundi au tribunal que la compagnie avait depuis modifié son règlement pour bannir "la russophobie et les appels à la violence".

Instagram et Facebook, tout comme Twitter, ont d'ores et déjà été bloqués en Russie, où ils sont quasiment inaccessibles à moins d'utiliser un réseau virtuel privé (VPN). Depuis le début de l'intervention russe en Ukraine le 24 février, le pouvoir russe a considérablement renforcé son contrôle des informations diffusées sur internet, l'un des derniers espaces d'expression libre dans le pays.

Les sites de dizaines de médias étrangers et russes, dont celui de la BBC, ont été bloqués. La semaine dernière, le régulateur des télécommunications, Roskomnadzor, a par ailleurs accusé le géant américain Google et son service vidéo YouTube d'activités "terroristes", première étape vers un possible blocage.

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