21.03.22
10:51

Drame à Strépy: le chauffeur légèrement positif à l'alcool

Les deux occupants du véhicule qui a foncé dimanche dans une foule rassemblée pour le carnaval à Strépy-Bracquegnies doivent être présentés à une juge d'instruction lundi et leurs analyses toxicologiques sont en cours, a indiqué le procureur de Mons. 

Les deux hommes sont deux cousins âgés de 32 et 34 ans prénommés Paolo et Nino, qui étaient de retour de discothèque et sont originaires de La Louvière, qui englobe le village de Strépy-Bracquegnies où s'est produit le drame. La tragédie s'est produite dimanche vers 05H00, faisant six morts, 10 blessés graves et une vingtaine de blessés plus légers. Le véhicule a foncé dans un groupe de ramassage de personnes qui étaient costumées pour le carnaval.


Positifs à l'alcool ?

D'après nos informations, le résultat de l'éthylotest du chauffeur était légèrement positif (0,29 mg/litre d'air expiré, la concentration maximale autorisée étant de 0,21mg/l). Cela signifie que le conducteur était bel et bien en infraction au moment du drame. La personne ne pouvait pas reprendre le volant avant trois heures

Le passager était également positif, mais lui, de manière plus élevée. Et pour le moment, le test salivaire n'a pas permis de trouver des substances illicites comme des stupéfiants ou des drogues. Mais il faudra confirmer cela par une prise de sang.


Quelle inculpation ?

Les deux suspects sont entendus ce lundi soir par la juge d'instruction, qui doit rendre une décision sur leur inculpation avant 5h mardi matin. Soit ils seront poursuivis pour meurtre. Soit il y a préméditation et sera un assassinat. Soit ce sera pour homicide involontaire.

Les circonstances exactes doivent toujours être déterminées par les enquêteurs.
 

"Ce qui est quand même très surprenant, c'est la vitesse et l'absence de freinage"

Les autorités ont exclu à ce stade la thèse d'un attentat. Les deux occupants de la voiture, qui ont été entendus une première fois par les enquêteurs, n'ont pas "pour l'instant" donné "vraiment d'explications", selon M. de la Serna. "On a des informations (selon lesquelles) ce sont des personnes qui aiment bien les voitures et la vitesse, mais cela reste assez flou (...) En 2017, l'un des deux a fait l'objet d'un retrait de permis, mais a repassé les examens après", a poursuivi le procureur.

L'enquête a été ouverte pour "meurtre": "Ce qui est quand même très surprenant, c'est la vitesse et l'absence de freinage", a commenté le procureur. Mais la juge d'instruction, qui doit auditionner les deux occupants de la voiture ce lundi, peut choisir de retenir une autre qualification, a-t-il ajouté.

Une équipe spécialisée examine la voiture "à la loupe" et notamment ses composants électroniques, puisqu'il s'agit d'un "véhicule assez neuf", et "qui pourra expliquer pas mal de choses", a poursuivi M. de la Serna.


Une émotion palpable sur place après le drame

Plus de 24 heures après le drame, l'émotion à la rue des Canadiens reste omniprésente, d'après les constatations de nos équipes sur place. 

"Il y avait une voisine qui ne pouvait sécher ses larmes à l'évocation des événements. Elle habitait tout près. Elle a vu malheureusement pas mal de chose de tragique durant ce dimanche matin",

a témoigné notre journaliste.

Les premiers messages de condoléances en hommage aux victimes de Strépy ont trouvé place dans le registre à l'hôtel de ville de La Louvière, ce matin. Tous ceux qui le souhaitent peuvent donc venir écrire un mot pour exprimer leur tristesse.

Une assistante psychologique a également été mise en place pour l'ensemble de la population et plus particulièrement pour le personnel communal. Des moments de recueillement sont également en discussion avec les organisateurs des prochains carnavals de la région, qui devraient quant à eux être maintenus, alors que celui de Strépy a naturellement été annulé.

Une minute de silence pourrait aussi être décrétée au niveau national. 

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