18.03.22
13:38

Le gouvernement doit trancher sur l'avenir énergétique

Changement de cap pour le gouvernement. Le kern se réunit en ce moment et devrait décider de prolonger de 10 ans l’énergie nucléaire dans notre pays. Une conséquence directe du conflit en Ukraine avec la flambée des prix du gaz et du pétrole. Initialement, la Belgique devait avoir quitté le nucléaire pour 2025, mais les réacteurs de Doel4 et Tihange 3 devraient donc être prolongés.

Le point avec Romuald La Morté.

 

La promesse d'une sortie progressive du nucléaire est inscrite dans la loi belge depuis 2003, et y renoncer constituerait un revirement pour Ecolo-Groen. Ils avaient réussi à décrocher ce trophée lors de leur première participation à un gouvernement fédéral il y a 19 ans.

Ces mêmes partis, sortis parmi les vainqueurs des élections de 2019, sont aujourd'hui associé à la coalition Vivaldi. L'accord de gouvernement conclu à l'automne 2020 a réaffirmé cet objectif de fermer progressivement les sept centrales du pays d'ici à 2025. Mais depuis février, avec l'envolée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine, les écologistes ont accepté d'envisager un scénario alternatif qui consiste à maintenir pendant dix ans supplémentaires, jusqu'en 2035, deux gigawatts de capacité soit les deux centrales les moins anciennes du parc.

Cette option, qui oblige à renégocier avec l'exploitant, le groupe français Engie, devait être débattue vendredi entre tous les partis de la coalition --sept au total--. La réunion a démarré en fin de matinée.

"Compte tenu de la forte dépendance aux combustibles fossiles et des tensions géopolitiques rendant les prix très volatils, nous examinons si et dans quelles conditions la capacité nucléaire de 2 GW, plus précisément (les centrales) Doel 4 et/ou Tihange 3, pourrait être prolongée pour une période de 10 ans", indique une note préparatoire de la ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten. Elle rappelle que "plus de 90%" de l'énergie consommée en Belgique provient de l'étranger, et que ce pays de l'UE importe de Russie "30% de son pétrole, 25% de son uranium et jusqu'à 6% de son gaz naturel".

Dans ce contexte de guerre, "tous les pays européens sont en train d'adapter leur stratégie énergétique", a affirmé le Premier ministre Alexander De Croo. Outre la décision attendue sur le nucléaire, le libéral flamand a évoqué jeudi devant les députés un recours accru au renouvelable (éoliennes, panneaux solaires), "la seule forme d'énergie qui année après année devient moins cher".

Pour accélérer le pas vers la neutralité climatique --l'objectif pour 2050-- Mme Van der Straeten a proposé un vaste plan d'investissement dans les énergies propres au coût évalué à 8 milliards d'euros sur les trois prochaines années.

Les discussions, qui s'annoncent ardues, pourraient se prolonger jusqu'à tard vendredi, voire samedi. Les libéraux francophones aimeraient prolonger quatre centrales nucléaires. Ils n'ont pas ménagé leurs critiques sur le recours prévu à des centrales au gaz --jugées polluantes-- pour remplacer l'atome.

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