17.03.22
14:39

"Ecolo et Groen doivent revenir à la raison, la prolongation du nucléaire ne se monnaie pas contre d'autres choses"

La ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten a confirmé la prise de contact avec Engie.

Dans une note politique qui sera discutée en Conseil des ministres restreint (kern), la ministre fédérale de l'Energie Tinne Van der Straeten (Groen), acte la prolongation possible de deux réacteurs nucléaires (Doel 4 et Tihange 3) jusqu'au 31 décembre 2035 et l'activation du mécanisme de soutien au gaz (CRM). A la Chambre ce jeudi, elle a également confirmé la discussion avec le groupe Engie. "Nous ne signerons pas un chèque en blanc à Engie. Nous voulons des garanties en matière de sécurité et approvisionnement. Je peux confirmer les contacts pris avec Engie. Mais il n'y a pas encore de mandat de négociation. C'est sur la table de demain"

En parallèle, est évoqué un grand plan de transition énergétique d'une valeur de 8 milliards d'euros. En vrac, sont mentionnés: une réduction de la TVA pour l’achat de panneaux solaires/pompes à chaleur/chaudières solaires, réduction des tarifs dans les transports en commun, équipement en panneaux solaires de tous les bâtiments publics fédéraux d’ici fin décembre 2023, doubler la part du train en fret (2030) et en passagers (2040), un nouveau budget mobilité, la suppression progressive du chauffage central au gaz et mazout d’ici le 1er janvier 2026... en fonction de la "faisabilité et des coûts"

 

 

"Il y a des choses farfelues"


Le gouvernement fédéral doit s'accorder ce vendredi sur le dossier des centrales nucléaires. Mais pour le président du MR, "Ecolo et Groen doivent revenir à la raison. Ils doivent arrêter leur petit jeu. La prolongation du nucléaire, ça ne doit pas se monnayer contre d'autres choses, comme par exemple la baisse des tarifs de la SNCB. Ça n'a strictement aucun rapport et aucun lien."

"Bien sûr qu'il y a des choses qui peuvent être étudiées à un moment ou un autre mais il y a des choses un peu farfelues", explique Georges-Louis Bouchez au micro de Romuald La Morté. "Il y a des choses qui ne sont pas du tout réalistes. Parler comme il est question, par exemple, de la SNCB ne correspond pas au modèle économique aujourd'hui de la SNCB. Ça amènerait à fermer des lignes. Et c'est quand même fou que ça vienne des écolos: les écolos veulent d'un côté supprimer les chaudières à mazout, veulent supprimer le fait de pouvoir être relié au gaz, alors que ce sont des compétences des régions, mais dans le même temps veulent construire des centrales au gaz, ça n'a pas de sens."

"Il faut prendre des mesures qui soient des véritables mesures. Baisser le prix de la SNCB, ce n'est pas ça qui fait le mix énergétique de notre pays aujourd'hui. On nous propose par exemple d'installer de plus en plus de photovoltaïque. Mais aujourd'hui, le réseau n'est pas en capacité d'accueillir toute l'énergie renouvelable qui est produite. Quand il y a beaucoup de soleil par exemple, le réseau ne sait pas l'accueillir. Plutôt que de dépenser encore des milliards pour installer plus de panneaux et finalement empêcher la production au bout d'un moment, faisons les investissements intelligents. Parce que le seul mix énergétique, c'est celui qui combinera le renouvelable et le nucléaire. Mais pour ça, il faut faire des investissements intelligents, techniques et qui tiennent la route."

 

"On n'est pas dans un jeu pour sauver la face des écolos"

"Il faut bien comprendre qu'on n'est pas dans un jeu pour sauver la face des écolos. Aujourd'hui, il faut prendre des décisions dans l'intérêt général. Et j'attends de la ministre de l'Energie qu'elle soit la ministre de l'Energie de la Belgique et de l'ensemble du gouvernement, et qu'elle arrête d'être la représentante du programme Ecolo-Groen. (...) Ils vous expliquent qu'on ne pourrait pas aller au delà de deux centrales nucléaires prolongées parce que c'est dans l'accord de gouvernement. Dans l'accord de gouvernement, la guerre en Ukraine n'était pas prévue.

"Il serait peut être intelligent qu'ils fassent tomber leurs leurs derniers dogmes, leurs derniers tabous, et qu'on puisse avoir une analyse technique pour voir ce qui est nécessaire. C'est à dire la capacité dont on a besoin année après année, jusqu'en 2035.  Deuxième élément important: l'état de sécurité de ces centrales. Notre seul impératif, c'est celui de la sécurité des centrales. Mais pour autant que cette sécurité est assurée, pourquoi se priver d'un moyen qui nous rend indépendant, qui n'émet pas de CO2 et qui permet de maîtriser les prix?"

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