16.03.22
13:28

Une Irano-Britannique détenue en Iran depuis 2016 en route pour le Royaume-Uni

L'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, détenue depuis 2016 en Iran où elle avait été condamnée pour sédition, ce qu'elle a toujours nié, a été "remise" aux autorités britanniques, a rapporté mercredi la télévision publique iranienne

Les grandes dates de l'affaire Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Irano-britannique en route mercredi vers le Royaume-Uni, après avoir été retenue depuis 2016 en Iran où elle avait été condamnée à la prison pour "sédition".

 

Arrestation à l'aéroport

Le 3 avril 2016, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une employée irano-britannique de la Fondation Thomson Reuters, est arrêtée avec sa fille Gabriella, alors âgée de 22 mois, à l'aéroport de Téhéran. Elle venait de rendre visite à sa famille pour le nouvel an iranien.

La fillette, dont le passeport britannique est confisqué, est confiée à ses grands-parents maternels.

Incarcérée à la prison d'Evin à Téhéran, la cheffe de projet, âgée alors de 37 ans, est accusée en juin par les autorités d'avoir voulu "renverser en douceur le régime" avec "le soutien de services d'espionnage" étrangers.

 

Condamnée à 5 ans de prison

Le 9 septembre 2016, la jeune femme est condamnée à cinq ans de prison pour avoir participé au "mouvement de sédition" en Iran en 2009, selon un responsable judiciaire iranien. La peine est confirmée en appel en avril 2017.

En novembre 2017, Boris Johnson, alors à la tête de la diplomatie britannique, commet un impair en déclarant devant une commission parlementaire que Nazanin Zaghari-Ratcliffe formait des journalistes en Iran, alimentant les accusations de Téhéran. Un mois plus tard, à l'occasion d'une visite en Iran, Boris Johnson tente de pousser à sa libération.

Le 7 mars 2019, Londres accorde sa protection diplomatique à Mme Zaghari-Ratcliffe, jugeant les conditions de sa détention non conformes au "droit international".

En avril, les autorités iraniennes proposent de remettre en liberté la ressortissante irano-britannique en échange de l'abandon par les Etats-Unis d'accusations contre une Iranienne prisonnière en Australie. Londres balaie l'offre de Téhéran.

 

Grève de la faim et séjour en psychiatrie

En juin 2019, la jeune femme mène une grève de la faim durant deux semaines. En juillet, elle est transférée dans l'unité psychiatrique d'un hôpital où elle passe plusieurs jours.

En octobre, la petite Gabriella retourne chez son père à Londres pour y être scolarisée.

Richard Ratcliffe, qui se bat depuis des années pour la libération de sa femme, a affirmé à plusieurs reprises qu'elle est l'"otage" d'un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d'un contrat d'armement.

 

En résidence surveillée

En mars 2020, en raison de la pandémie de Covid-19, elle obtient une permission de sortie temporaire et est placée en résidence surveillée chez ses parents.

Le 8 septembre, un nouvel acte d'accusation lui est notifié pour diffusion de propagande contre le régime. Elle est présentée devant le juge le 2 novembre et son procès est ajourné sans date de reprise.

 

Nouvelle peine de prison

Arrivée au bout de sa peine le 7 mars 2021, Nazanin Zaghari-Ratcliffe est libérée de son bracelet électronique. 

Mais elle est à nouveau poursuivie, pour avoir participé à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009. Elle est condamnée le 26 avril à un an de prison et à un an d'interdiction de quitter l'Iran, pour "propagande" contre la République islamique.

Le 16 octobre, elle perd en appel, ce qui fait craindre un retour en prison.

 

Libération

Mardi 15 mars 2022, elle récupère son passeport, soulevant l'espoir d'une libération proche.

Mercredi, une députée de la circonscription londonienne où vit son mari annonce sur Twitter qu'elle est "en route" pour le Royaume-Uni. La télévision publique iranienne confirme qu'elle a été "remise" aux autorités britanniques. 

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