15.03.22
11:16

L'Allemagne déconseille l'utilisation du logiciel antivirus russe Kaspersky

L'office allemand en charge des questions de cybersécurité a recommandé mardi d'éviter l'utilisation des logiciels antivirus de l'éditeur Kaspersky, avertissant que l'entreprise russe pourrait être impliquée, de gré ou de force, dans d'éventuelles attaques informatiques.

Depuis l'invasion de l'Ukraine, l'action des forces militaires et/ou des services de renseignement en Russie (...) "est associée à un risque considérable d'attaque informatique", a expliqué dans un communiqué l'Office fédéral de la sécurité des technologies de l'information (BSI). "Un fabricant informatique russe peut lui-même mener des opérations offensives, être contraint d'attaquer des systèmes cibles contre sa volonté, ou être lui-même victime d'une cyberattaque à son insu, espionné ou utilisé comme outil pour lancer des attaques contre ses propres clients", a-t-elle précisé.

Le BSI prévient qu'outre les entreprises, les particuliers utilisant le logiciel antivirus pourraient aussi être vulnérables. L'office de cybersécurité allemand invite ainsi toute personne ayant un doute à la contacter.

Début mars, les autorités françaises ont émis un avertissement similaire. Les États-Unis avaient déjà interdit aux agences gouvernementales d'utiliser les logiciels Kaspersky dès 2017. 

Le groupe russe, l'un des grands éditeurs de logiciels au monde équipant plusieurs millions d'ordinateurs, réfute les accusations de collaboration avec le Kremlin.

Plusieurs experts en informatique ont prévenu que l'invasion en Ukraine par la Russie pouvait entraîner des cyberattaques de grande ampleur. Toutefois, elles sont restées peu nombreuses jusqu'à présent.

Ces dernières années, l'Allemagne a accusé à plusieurs reprises la Russie de tentatives de cyberespionnage. 

L'incident le plus médiatisé imputé à ce jour à des pirates russes est une cyberattaque qui, en 2015, a paralysé le réseau informatique de la chambre basse du Bundestag, obligeant l'ensemble de l'institution à rester hors ligne pendant plusieurs jours. 

La Russie nie être à l'origine de telles activités.nDébut septembre, la justice allemande avait également ouvert une enquête pour cyberespionnage de députés, derrière lequel Berlin soupçonne la main du Kremlin.

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