13.03.22
13:17

"On peut décider demain de baisser de 30 centimes le prix du litre de carburant"

Après le cdH, qui est devenu "Les Engagés" hier, c'est au tour du Parti socialiste de réunir ses troupes ce dimanche à Braine l'Alleud pour l'organisation d'un congrès consacré au militantisme et à, je cite, "l'adaptation des statuts à l'évolution de la société." 

Alors que la facture énergétique des Belges explose, ce congrès est aussi l'occasion pour le PS de repasser un message:

"Il faut agir, il y a urgence. Pour ce qui est des carburants, ça peut être fait extrêmement vite. Le projet d'arrêté royal, il est écrit. On peut demain décider de baisser de 0,30€ le prix à la pompe du diesel et de l'essence. J'espère que autour de la table du gouvernement, personne ne s'y opposera.

C'est absolument indispensable. Certains disent qu'il faudrait des dimanches sans voiture ou qu'il faudrait limiter la vitesse sur les autoroutes. Tout cela est fort sympathique, mais ça ne va pas aider les personnes qui ont besoin de leur voiture pour travailler, qui ne peuvent pas faire autrement et qui, aujourd'hui, n'arrivent tout simplement pas à payer leur plein.",

nous a indiqué le président du PS Paul Magnette, en indiquant que le Conseil des ministres restreint de ce lundi devrait acter cette baisse du prix des carburants.

"Sur le reste, il y a évidemment des mesures à prendre. On a déjà décidé le tarif social sur l'énergie pour une famille sur cinq. On a déjà décidé la baisse de la TVA sur l'électricité. Pour nous, il faut baisser aussi la TVA sur le gaz. Et il faut baisser tout cela aussi longtemps que nécessaire de manière durable",

a ajouté le socialiste.

 

Des accises pour les hauts revenus

"Et puis, éventuellement, on ajoutera un système d'accises pour que des personnes qui ont des hauts revenus puissent payer davantage. Le but n'est pas de faire des cadeaux aux gens qui ont les hauts revenus. Ça, c'est l'inconvénient évidemment de la baisse sur la TVA.

C'est que ça profite à tout le monde et donc, en ce compris aux gens qui ont des très hauts revenus et qui, en général, ont une forte consommation d'énergie et donc eux, on peut le compenser par des accises. Ça, ça peut être fait assez rapidement. Les propositions sont connues et elles sont également sur les tables"

a précisé le président de parti.

 

"Ne pas oublier le mazout"

"Il ne faut pas oublier le mazout. Je voudrais vraiment insister. Il y a une famille sur deux en Wallonie, même un peu plus, qui se chauffent au mazout. Il faut aussi une aide équivalente à la baisse de la TVA. On ne peut pas baisser la TVA sur le mazout. La législation européenne ne le permet pas, mais on peut très bien faire une réduction sur facture équivalente à une baisse de TVA sur le mazout"

a tenu à souligner M. Magnette à notre micro.


"Etendre le tarif social"

"Il faut non seulement étendre le tarif social dans le temps, mais il faut aussi l'étendre à toute une série de personnes qui ne sont pas forcément en difficulté sociale. Mais aujourd'hui, on a des milliers de personnes qui ont un travail, qui ont un revenu, qui ont un revenu moyen, mais qui n'arrivent néanmoins plus à payer leurs factures.

Et donc, on veut un tarif classe moyenne. Et j'espère que ceux qui parlent des classes moyennes à longueur de journée soutiendront évidemment notre proposition pour que les classes moyennes puissent elles aussi bénéficier d'une baisse sur leur facture.",

nous a expliqué le socialiste francophone.

"On aide déjà les personnes qui sont en grande difficulté sociale grâce au tarif social. Donc, il faut quand même reconnaître qu'une personne sur cinq reçoit ce tarif social et, grâce à cela, a une réduction sur l'électricité et le gaz de 50-60%.",

a-t-il ajouté ce dimanche.

"Mais les gens qui ne sont pas en difficulté sociale, mais qui néanmoins, ont des bas et des moyens revenus, c'est à dire un tiers de la population en plus, tous ceux qui sont en dessous du revenu moyen : la moitié de la population, c'est quand même beaucoup de monde aujourd'hui. Beaucoup, beaucoup de ces gens, n'y arrivent plus. Et donc, il faut aussi vraiment un tarif pour les classes moyennes.

 

Repousser la fin du nucléaire ?

"Je trouve intéressant que le débat soit ouvert, effectivement. Nous, on a toujours été ouvert à toutes les options. En ce qui compte pour nous, c'est qu'on ait suffisamment d'électricité et à un tarif qui soit accessible pour tout le monde. On voit bien aujourd'hui qu'avec la guerre en Ukraine, avec les tensions géopolitiques un peu partout, trop dépendre du gaz est quand même dangereux. Et donc, je salue le fait que les écologistes, de ce point de vue là, aient fait un geste en acceptant de discuter de cette question.",

a confié Paul Magnette.

"Combien de réacteurs? Pour combien de temps? C'est le débat qui aura lieu au sein du gouvernement. Moi, ce que je voudrais surtout, c'est qu'on attende pas d'avoir réglé cette question fondamentale dont on débat depuis pratiquement 20 ans pour décider d'une baisse immédiate des tarifs sur le gaz, l'électricité, le mazout et les carburants, indispensables aussi pour les véhicules",

a-t-il conclu.

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