11.03.22
13:55

La Russie engage des poursuites contre Meta pour "appel aux meurtres" de Russes

La Russie a annoncé vendredi engager des poursuites contre Meta pour "appel aux meurtres" de Russes, la maison mère de Facebook et Instagram ayant assoupli son règlement quant aux messages violents destinés à l'armée et aux dirigeants russes.

Le puissant comité d'enquête de Russie a indiqué lancer ses investigations "du fait des appels illégaux aux meurtres de ressortissants russes de la part des collaborateurs de la société américaine Meta". 

Le Comité engage des poursuites pour "appels publics à des activités extrémistes et assistance à des activités terroristes", et se penche en particulier sur Andy Stone, responsable de la communication de Meta, qui a annoncé jeudi le changement des règles de publication de Facebook et Instagram. 

Le Parquet russe a lui demandé de classer le géant de l'internet organisation "extrémiste", et donc d'interdire toutes ses activités en Russie. 

Il demande aussi au gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor de bloquer l'accès à Instagram dans le pays, alors que Facebook n'est déjà plus accessible, ou difficilement accessible, depuis le 4 mars.

Instagram est extrêmement populaire auprès de la jeunesse russe mais est aussi un outil de vente en ligne crucial pour de nombreuses petites et moyennes entreprises russes, ainsi que des artistes et artisans.

 

L'ONU s'inquiète de la décision de Meta

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme s'est inquiété de l'annonce de Meta. "C'est très clairement un sujet très, très complexe, mais qui soulève des inquiétudes en matière de droits de l'homme et de droit humanitaire international", a expliqué Elizabeth Throssel, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, lors d'un briefing de presse à Genève.

Le flou qui entoure cette annonce "pourrait certainement contribuer à des discours haineux dirigés contre des Russes en général", a expliqué Mme Throssel, insistant que "cela serait très inquiétant". Elle a indiqué que le Haut Commissariat allait parler avec Meta pour avoir des précisions.

"Nous allons les (Meta) encourager à regarder de plus près les dégâts qui pourraient accompagner ce changement de politique", a précisé la porte-parole, tout en reconnaissant que le sujet demandait à être examiné de plus près en raison de la complexité des concepts juridiques entourant notamment la liberté d'expression et le contexte particulier d'un conflit.

Ainsi, il est possible "que dans un conflit en cours, appeler à la violence contre ceux qui sont directement engagés dans les hostilité pourrait ne pas être prohibé", a-t-elle laissé entendre, estimant que cela demandait une analyse plus approfondie du Haut Commissariat et aussi plus d'informations de la part du géant des réseaux sociaux.

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