10.03.22
14:31

"C'est la fin d'une époque sur notre continent européen"

"Beaucoup des certitudes que nous avions en Europe ont aujourd'hui été balayées et il va falloir revoir énormément de choses". Le Premier ministre Alexander De Croo a pris le parole sur plusieurs points concernant le conflit russo-ukrainien. 

Lors de la séance plénière à la Chambre, le Premier ministre Alexander De Croo a pris la parole sur les diverses questions qui se posent concernant le conflit russo-ukrainien. 

 

Une réorganisation à grande échelle

"C'est la fin d'une période. Nous avons vu la paix, une période sur le continent européen, où un pays n'attaquait pas un autre pas juste comme cela. Sans argument, sans provocation. Beaucoup des certitudes que nous avions en Europe ont aujourd'hui été balayées et il va falloir revoir énormément de choses." a déclaré le Premier ministre, condamnant à nouveau, l'invasion russe en Ukraine. 

Selon lui, la Belgique et l'Europe toute entière se dirigeraient vers un changement de fond concernant de très nombreux sujets. 

"Il va falloir réorganiser la méthode d'organisation de notre sécurité et notre défense. On va devoir réanalyser notre politique énergétique, on va devoir réanalyser notre souveraineté économique et on va devoir regarder comment on gère une crise d'asile et de migration qui sera beaucoup plus difficile à gérer que ce qu'on a vu jusque maintenant" affirme Alexander De Croo.

"C'est justement l'agenda du sommet de Versailles qui aura lieu aujourd'hui et demain, qui a lieu au bon moment" poursuit-il. Pour rappel, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) vont tenter jeudi et vendredi à Versailles (France), de poser les fondations d'une Europe plus souveraine après le choc de l'invasion russe en Ukraine qui a exposé ses faiblesses.

 

"Faire appel à notre humanité"



Sur le volet de l'Asile et de la Migration, De Croo appelle une nouvelle fois à la solidarité. "Nous sommes face à une énorme responsabilité en tant qu'Européens et nous Belges, nous pouvons la relever et nous avons été très loin. Nous allons devoir faire appel à notre humanité par rapport à ces gens qui fuient la violence, qui ont essayé, qui tentent de venir ici et qui regardent donc vers nous. Ces semaines qui viennent, ces mois qui viennent, nous montrons ce qu'est un monde libre". 


Le Premier ministre parle de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés dont il faudra gérer l'accueil et la scolarisation pour les plus jeunes.

La semaine dernière, le secrétaire d’État à l'Asile et la migration Sammy Mahdi avait déjà mis à contribution les communes, chargées de centraliser les offres de places d'hôtel et d'hébergement chez les particuliers.

Le gouvernement change donc de stratégie: l'accueil des Ukrainiens va être piloté par le centre national de crise chargé des situations d'urgence. 

Les trois régions vont être sollicitées pour créer des logements collectifs de grande capacité.

Pour le logement, "nous avons déjà convenu avec les régions que d'ici la fin du mois des dizaines de milliers de places seront créées", a assuré de son côté Sammy Mahdi lors de la séance plénière à la Chambre.

"C'est le volontarisme dont nous avons besoin pour sortir de cette crise", a ajouté le secrétaire d’État.

Le Premier ministre a évoqué "un effort de longue haleine et "des défis" pour tous les niveaux institutionnels du pays: régions (compétentes pour le logement), communautés linguistiques (pour l'enseignement scolaire) et État fédéral (financement de l'action sociale).

Comme dans toute l'UE, les exilés ukrainiens peuvent bénéficier en Belgique d'un droit automatique au séjour d'un an renouvelable, au titre de la directive "Protection temporaire", appliquée pour la première fois dans l'histoire de l'Union. Cette mesure décidée le 3 mars offre notamment un accès immédiat au marché du travail.

 

Le marché de l'énergie "hystérique et irrationnel"

De très nombreuses prévisions et des premiers chiffres concrets annoncent une très forte augmentation des carburants et des énergies à usages domestiques.

"Je crois dans le libre marché mais si ce libre marché devient hystérique et complètement irrationnel, alors en tant qu'autorité, allons-nous continuer d'accepter des prix irréels, qui créent des bénéfices se dirigeant dans les poches des personnes contre qui on se bat ?"

 

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