09.03.22
15:22

Sky ECC montre "l'ampleur de la Belgique comme plaque-tournante de la cocaïne"

Il y a un an, avait lieu la plus grande action judiciaire et policière jamais menée dans notre pays suite au piratage des cryptophones de SKY. La police et la justice belge avaient réussi à intercepter un milliard de messages provenant de plus de 100.000 utilisateurs dans le monde.  Un coup dur était porté à la criminalité organisée. Depuis lors, 2000 suspects ont été identifiés et 276 nouveaux dossiers ont été ouverts, communiquent ce mercredi le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, et la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden.  

Le 9 mars 2021, la police judiciaire fédérale arrêtait 48 personnes lors de 200 perquisitions. Un réseau composé de trafiquants d'Europe de l'Est établis dans la capitale, ainsi que "de ressortissants issus du sud de l’Europe, appartenant au milieu mafieux limbourgeois", de la province belge du Limbourg (nord) limitrophe des Pays-Bas. Europol avait évoqué pour sa part "des criminels albanophones" grossistes en cocaïne importée d'Amérique du Sud. "Ce réseau criminel de haut niveau avait mis en place une série d'entreprises dans différents pays pour blanchir les profits, notamment en Croatie et en Espagne, en utilisant souvent des hommes de paille", a souligné l'agence européenne. "Ses membres se rendaient régulièrement à Dubaï, au Mexique et en Colombie pour organiser leurs activités illégales et utilisaient des outils de communication cryptés pour les coordonner". 

L'enquête avait été lancée après une perquisition en région bruxelloise ayant permis la découverte d'un arsenal de produits chimiques de coupage de la cocaïneEn interceptant les messages des téléphones cryptés, la police a pu suivre les communications du crime organisé pendant plus de deux ans. Grâce à cette action, un premier coup dur était porté à la criminalité organisée, mais elle a également marqué le début d’un grand nombre de nouvelles enquêtes. Environ 400 enquêtes judiciaires sont actuellement en cours et 276 nouveaux dossiers ont été ouverts depuis mars 2021. Au total, les services judiciaires de la police et de la justice ont déjà identifié 2.000 suspects et 888 suspects ont été arrêtés. Des actions ont eu lieu dans tout le pays mais aussi à l'étranger. 250 suspects sont actuellement en détention provisoire dans nos prisons suite au dossier SKY ECC.    

Ce dossier a permis aux services judiciaires de détecter et de combattre la criminalité organisée dans notre pays, mais aussi de s’attaquer à ses dérives : corruption, violence et blanchiment d'argent.   

Le ministère public et le siège, essentiellement à Anvers, ont été renforcés par plus d’une soixantaine de personnes actives dans ce dossier. Un effectif de quelque 200 personnes est également venu renforcer la police judiciaire fédérale. Les effectifs sont passés de 4.197 en octobre 2020 à 4.387 en décembre 2021.    

7 millions d’euros ont été prévus pour 141 collaborateurs pour le ministère public et le siège pour permettre aux parquets, aux juges d’instruction, aux juridictions d’instruction et aux juridictions pénales de traiter correctement l'afflux de dossiers.  La police fédérale sera également renforcée à hauteur de 70 millions d’euros cette année ; et jusqu’à 100 millions d'euros en 2024. Ces moyens supplémentaires permettront de recruter 195 enquêteurs spécialisés supplémentaires.    

 

"Avec le dossier SKY ECC, nous avons porté un grand coup au crime organisé. Pour exploiter les centaines de millions de messages, on a utilisé l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique pour filtrer les combinaisons de mots à contenu criminel. Grâce à cette technique, nous passons actuellement à une deuxième phase, qui consiste à décomposer les communications en anglais et en albanais. Ces deux langues sont fréquemment utilisées dans les messages interceptés. Ensuite, nous développerons un algorithme qui tracera les flux d'argent douteux, par exemple avec les crypto-monnaies. Cette nouvelle forme d’enquête basée sur les données constitue un outil puissant pour nos enquêteurs. Nous entendons en tirer le maximum," a réagi Vincent Van Quickenborne, vice-Premier ministre et ministre de la Justice.

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