02.03.22
17:09

Le premier procès d'un assaillant du Capitole s'ouvre à Washington

Un militant d'extrême droite du Texas a comparu mercredi devant un tribunal de Washington dans le premier procès d'un assaillant contre le Congrès le 6 janvier 2021, une journée de chaos qui avait fait trembler la démocratie américaine.

Guy Reffitt, 49 ans, est accusé d'avoir tenté de forcer l'entrée du Capitole avec des centaines d'autres manifestants, au moment où les élus certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

Il était parvenu en haut des marches du bâtiment, mais avait battu en retraite après avoir été aspergé de gaz au poivre par les policiers qui défendaient l'édifice.

Des photos le montrent, casque sur la tête et portant un gilet pare-balles, sur les marches du Capitole se nettoyant les yeux.

Circonstances aggravantes, il aurait porté une arme de poing lors des heurts et à son retour à Wylie, près de Dallas, il aurait menacé de mort ses deux enfants qui l'avaient dénoncé à la police.

Guy Reffitt, qui plaide non coupable, encourt jusqu'à 20 ans de prison au terme de ce procès qui doit durer au moins une semaine.

Selon l'accusation, ce membre de la milice d'extrême droite "Three Percenters" avait l'intention de manifester violemment le 6 janvier à Washington, où des milliers de partisans de Donald Trump s'étaient rassemblés à l'appel du président républicain. 

"Une foule a besoin de meneurs et cet homme est venu tout droit du Texas pour remplir ce rôle", a dénoncé le procureur Jeffrey Nestler à l'ouverture des débats.

Plusieurs centaines de partisans du milliardaire républicain, criant à la fraude lors du scrutin de novembre 2020, avaient forcé l'entrée du Capitole.

Cinq policiers et une manifestante sont morts en lien avec l'assaut, et 140 agents ont été blessés.

Les deux enfants de l'accusé doivent témoigner pour confirmer avoir subi des menaces. 

Leur père, affirme l'accusation, leur aurait dit qu'il avait participé à l'assaut, qu'ils seraient "des traîtres" s'ils le dénonçaient à la police et que "les traîtres, on les tue".

Le verdict de ce procès sera scruté à la loupe au regard du nombre record d'arrestations et d’inculpations dans cette enquête d'une ampleur historique et qui se poursuit plus d'un an après les faits.

Plus de 750 personnes ont été arrêtées et la majorité ont été inculpées, pour des chefs plus ou moins lourds. Afin d'éviter un procès, 218 accusés ont plaidé coupable et environ 70 d'entre eux ont été condamnés par des tribunaux fédéraux. 

La peine la plus lourde jusqu'ici a été de cinq ans de prison. 

 

AFP

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