27.02.22
20:22

"Il n'y a pas de raison d'avoir peur, nous sommes unis, nous ne sommes pas seuls"

Au quatrième jour de guerre en Ukraine, Alexander De Croo a répondu en direct à toutes nos questions dans notre Edition spéciale.

Est-ce que la Belgique se prépare désormais au scénario du pire ?

"Il faut toujours espérer le meilleur, mais se préparer pour le pire, ça, c'est clair. Mais ça, on le fait depuis tout un temps et on le fait au sein de l'OTAN. On est heureusement pas seul dans ce monde. On est un groupe de 30 pays qui depuis le début, ont dit: 'mais honnêtement, M. Poutine, on ne vous menace pas'. D'ailleurs, les Ukrainiens n'ont pas menacé la Russie non plus. Moi, je vois une personne qui menace le monde entier. C'est le président russe et son pays. Les Ukrainiens n'ont rien demandé. Ils ont demandé d'être laissés tranquilles et de pouvoir regarder l'Occident comme ils le font depuis quelques années."

nous a répondu le Premier ministre.
 

"L'OTAN ne menace pas la Russie"

"Donc, je vais être très, très clair. L'OTAN ne menace pas la Russie. On ne fera rien sur le territoire russe"

La Belgique accueille des institutions très importantes, notamment de l'OTAN. Notre pays pourrait ainsi être une cible privilégiée pour le pouvoir russe. Alexander De Croo a indiqué que des plans de résilience et de défense existent.

"Mais je pense honnêtement, on en est pas là. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est quelque chose en Ukraine, où on voit que la Russie avance d'une manière moins rapide qu'elle ne l'avait pensé, où la réaction de l'Occident n'est pas une réaction de violence.  On ne répond pas à la violence, avec plus de violence. La réaction que nous avons, c'est avec nos atouts et nos atouts, ce sont les atouts économiques.

On est en train d'isoler complètement la Russie du marché financier et économique international. Leurs connexions financières sont complètement rompues, leurs activités seront complètement rompues. Dans le transport aérien, ils sont complètement bloqués. Donc oui, on est en train de complètement isoler la Russie.

Et c'est vrai que oui, ça fait mal. Mais on ne menace pas la Russie d'une manière ou une autre. Ce qu'on fait, c'est répondre par rapport aux besoins qui sont tout à fait légitimes de chaque État souverain d'avoir le droit de se défendre. On aide les Ukrainiens à se défendre, mais il n'y a aucune menace concrète par rapport à la Russie.",

a ajouté M. De Croo.


"Il n'y a pas de raison d'avoir peur"

"Il n'y a pas de raison d'avoir peur, parce que nous sommes unis, nous ne sommes pas seuls. Dans un monde où il n'y aurait pas l'OTAN, ou l'Union européenne, c'est vrai qu'un pays de onze millions d'habitants se ferait intimider par un grand pays de 135 millions d'habitants comme la Russie. Mais on n'est pas dans cette situation.",

a expliqué le Premier ministre.

"On est dans une situation qui est dramatique pour les Ukrainiens. Nous montrons notre solidarité et on le fait avec des livraisons d'armes, avec des livraisons de protection. Nous le faisons avec nos armes et nos armes sont plutôt des armes économiques. Et j'espère que du côté russe, ils comprennent que ceci n'est pas une voie à poursuivre. Mais sur l'impact à long terme de ce qui se passe aujourd'hui, c'est clair qu'on se réveille dans un autre monde, dans un monde où, du côté européen, il faudra probablement un peu moins de naïveté par rapport à notre défense",

a souligné le libéral flamand.

L'envoi de 3000 fusils automatiques et de 200 armes antichars aux Ukrainiens nous positionne comme solidaires avec les Ukrainiens, a communiqué M. De Croo.

"On se montre solidaire avec ceux qui sont agressés et on est critique par rapport à l'agresseur. Je pense que c'est tout à fait normal, mais je vais être très clair. On n'a pas de problème avec la population russe. On a un problème avec cette autarcie qui est tellement belliqueuse, qui fait la guerre partout. Elle met en danger le monde entier.

Notre première priorité, c'est d'être solidaires avec les Ukrainiens et essayer au maximum que cette guerre en Ukraine s'arrêtent. Qu'on puisse protéger cette population, c'est quand même pas un petit pays. C'est un pays de 45 millions d'habitants qui oui, a regardé l'Occident et s'est dit intéressé par la démocratie et la liberté.

 

Des sanctions pour faire mal aux Russes

"Mais il faut être clair, le perdant sera quand même le côté russe. La totalité de ces mesures vont avoir un impact dévastateur sur leur économie et j'espère que ça leur fera changer de stratégie bientôt."

Mais c'est vrai que si on regarde la décennie passée, la relation avec la Russie est une relation qui a été très inéquilibrée, dans le sens où ça a toujours été avec beaucoup de menaces et beaucoup d'intimidation du côté russe, tandis que du côté européen, on était plutôt ouvert.

Je pense que ce moment ci est un moment où l'Europe perdra aussi sa naïveté par rapport aux intentions des ayants de pouvoir actuels.

En matière d'aide humanitaire, il y a 3 millions d'euros additionnels qui ont été déboursés. Puis, il y a tout un mécanisme européen qui est en train de se mettre en oeuvre. Les Polonais, aujourd'hui, se montrent très, très solidaires. Ils en font vraiment une affaire d'honneur d'aider leurs frères ukrainiens.",

a conclu Alexander De Croo.

 

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