22.02.22
05:44

En Argentine, un évêque, jugé pour abus sexuels, nie les accusations

Gustavo Oscar Zanchetta, 57 ans, a comparu à huis clos au tribunal d'Oran, à 1.700 km de Buenos Aires, diocèse dont il fut évêque de 2013, nommé alors par le pape François, jusqu'à sa démission en 2017

Un évêque argentin considéré comme proche du pape, et qui fut conseiller pour la gestion des biens du Vatican, a nié lundi des accusations d'abus sexuels lorsqu'il était évêque d'Oran (nord-ouest de l'Argentine), au premier jour de son procès.

Mgr Zanchetta est poursuivi pour "abus sexuel simple aggravé par le fait d'être commis par un ministre du culte", selon un communiqué de l'autorité judiciaire de la province de Salta. Les poursuites font suite à des plaintes déposées en 2018 par au moins deux séminaristes.

L’ecclésiastique a "nié les accusations et expliqué qu'il avait une bonne et saine relation avec tous les séminaristes", et que lors des échanges avec ceux-ci, qui portaient parfois sur leurs problèmes familiaux ou leurs parcours de vie, "il n'y eut jamais aucune connotation sexuelle".

Gustavo Zanchetta a également évoqué le dossier de l'enquête canonique mené sur les faits et affirmé "que trois prêtres lui avaient dit que la plainte contre lui relevait d'une vengeance", a poursuivi l'autorité judiciaire dans son communiqué.

Après la déposition initiale de l'accusé, le tribunal a entendu, en son absence, deux plaignants qui ont réitéré leurs déclarations faites à l'instruction. L'un d'eux a expliqué que le prélat "lui avait fait des propositions amoureuses et demandé des +massages+".

Mgr Zanchetta avait démissionné en 2017 de sa charge d'évêque d'Oran, départ lié à des "rapports très tendus avec les prêtres du diocèse", avait expliqué le Vatican par la suite en 2019, au moment de l'ouverture de l'enquête préliminaire pour abus sexuels.

"Au moment de sa démission, il y avait des accusations d'autoritarisme contre lui mais aucune accusation d'abus sexuel", soulignait le Vatican dans un communiqué.

Deux autres procédures sont pendantes contre Mgr Zanchetta, pour sa gestion et des abus de pouvoir pendant sa période à Oran.

Fin 2017, Mgr Zanchetta avait été nommé par le pape François, son compatriote, assesseur à l'Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa), qui gère le patrimoine immobilier du Vatican. Le Vatican avait aussi souligné qu'au moment de cette nomination, "aucune accusation d'abus sexuel n'avait émergé", celles-ci n'apparaissant qu'en 2018.

Rome avait alors indiqué que Mgr Zanchetta "s'abstiendrait de travailler" à l'Apsa pendant la phase d'enquête.

Le procès, qui devrait entendre près de 40 témoins, doit durer jusqu'à vendredi. 

Partager cet article

En lien avec l'article