21.02.22
15:44

"Une guerre avec la Russie est possible, mais on peut encore l'éviter grâce au dialogue"

Alors que la Russie fait face à une menace "sérieuse" et "très grande" en Ukraine, selon son président Vladimir Poutine, Alexander De Croo souligne que le dialogue est ce qui peut encore empêcher la guerre aujourd'hui. 

"Je pense que personne ne veut une guerre sur le continent européen. Je pense qu'il y a quand même beaucoup de voyants qui sont sur le rouge malheureusement",

nous a indiqué le Premier ministre.

"On voit que quand la Russie avait dit qu'elle allait désengager des troupes, en fait dans la réalité, c'est juste le contraire. On voit que quand même, dans la région de Donetsk et Lougansk, il y a beaucoup de crispation, beaucoup de violence quand même aussi, et on voit qu'il y a toute une campagne de désinformation pilotée par la Russie, qui essaye de faire croire que l'Ukraine est en train de s'acharner sur les Russes dans ce pays. Donc c'est quand même quand même assez inquiétant tout cela. D'un autre côté, on parle et tant qu'on parle, il y a de l'espoir qu'on puisse éviter une guerre sur le continent européen."

a déclaré le libéral flamand à notre micro.

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"Une guerre est possible"

En ce qui concerne l'imminence d'une guerre, comme l'affirment les Anglais et les Américains, notre Premier ministre confie que tout est en place pour qu'un conflit armé puisse se produire en Ukraine.

"On voit qu'une guerre est possible. Le dispositif qui a été établi rend possible une guerre. Est ce que ça va se faire? Honnêtement, je n'espère pas. Mais il faut être clair, dès le moment où il y aura un acte de violence par rapport au territoire ukrainien, il y aura une réaction européenne."

Si la Russie attaque l'Ukraine, la réponse de la Belgique sera de pointer au doigt le fait qu'un pays autonome et indépendant ne peut pas être attaqué comme cela, poursuit M. De Croo.

"Il y aura clairement toute une série de sanctions qui, il faut être clair, vont aussi avoir un impact sur nous, sur les pays européens. Mais l'impact sera clairement plus grand du côté russe."

 

Quelles seraient les conséquences d'un conflit pour les Belges ?

Le citoyen belge doit-il être inquiet aujourd'hui ? Quelles seraient les conséquences d'un conflit sur sa vie quotidienne? A ces questions, le chef du gouvernement fédéral rappelle que la menace russe existe.

"J'espère qu'on aurait le moins de conséquences possibles, mais il ne faut quand même pas sous estimer la situation dans laquelle on se trouve. C'est la première fois depuis la deuxième Guerre mondiale qu'on est face à une escalade tellement massive."

"On a un voisin russe qui ne respecte plus l'architecture de sécurité actuelle, avec plein de pays qui se sont détachés du bloc de l'est du passé et nous ont rejoint. Et la Russie conteste aujourd'hui le fait que les pays baltes, que des pays comme la Slovaquie et la Pologne pourraient devenir membres de l'OTAN. Tout ce raisonnement de sphère d'influence est quand même quelque chose de très inquiétant. Si on utilisait le concept de sphère d'influence historique par rapport à la Belgique, ça voudrait dire que les Espagnols et les Allemands et les Hollandais pour dire que la Belgique, historiquement, se trouve dans leur sphère d'influence. C'est quelque chose qui n'est pas, qui n'est pas raisonnable dans le XXIᵉ siècle."

 

"On se prépare à n'importe quelle éventualité"

Sur le chapitre de l'énergie, Alexander De Croo explique que le gouvernement se prépare à toutes les éventualités en cas d'attaque qui aurait des conséquences sur le marché énergétique.

"C'est une discussion qui va beaucoup, beaucoup plus large. On est déjà dans une situation où il y a une tension quand même qui a un impact sur les marchés énergétiques. Donc oui, on se prépare à n'importe quelle éventualité."

Enfin, le Premier a souligné que le travail de la diplomatie belge s'inscrivait dans une démarche européenne.

"L'Europe est présidée par la France aujourd'hui, donc c'est tout à fait normal que le président Macron joue son rôle. On est informé sur le déroulement des choses. Mais ce qui est important, c'est que par rapport à la Russie, on a montré une unité qui était clairement inattendue du côté russe. Une unité au sein de l'Union européenne et une unité au sein de l'OTAN. N'oubliez pas qu'il y a quelques années, certains disaient l'OTAN de Nato était mort. Aujourd'hui, on voit que l'OTAN est quand même vivant et nécessaire.",

a conclu Alexander De Croo.

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