15.02.22
14:56

Réforme marché du travail : les syndicats "consternés" par l'absence de concertation

Les syndicats en front commun ont réagi à l'accord sur la réforme du marché du travail. Ils estiment avoir été mis hors-jeu au profit des demandes patronales. 

La réforme du marché du travail adoptée par la Vivaldi dans la nuit de lundi à mardi est loin de recueillir l'approbation des organisations syndicales. Dans un communiqué,  elles déplorent l'absence de concertation. 

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"Nous sommes consternés de voir à quel point le Gouvernement se fait l’écho des demandes de patronales en essayant de mettre hors-jeu la concertation dans tous ses aspects, sans aborder sérieusement la question globale de l’e-commerce, qui est pourtant en parallèle en discussion au Conseil Centrale de l’Économie" rappellent les responsables SETCa-BBTK, ACV Puls, CNE et CGSLB.

Demandeur d'une table ronde paritaire "depuis des années" sur l'e-commerce, le front syndical aimerait une concertation plus globale sur l'avenir du commerce.  "Le débat est bien plus large et plus complexe que celui sur le travail de nuit", disent-ils en choeur. 

500.000 travailleurs concernés

"En 2015, des accords ont été discutés et signés  pour trouver l’équilibre nécessaire pour chacune des parties que ce soit en logistique ou dans le commerce de détail. Le travail de nuit a donc été rendu possible. L’objectif du deal intervenu cette nuit est bien de mettre en place un travail de nuit au rabais sur le modèle Post NL avec des emplois précaires, temporaires au travers desquels on exploite des populations précaires traitées comme des Kleenex".

Selon les chiffres avancés, 500.000 travailleurs sont concernés par ces nouvelles mesures sur l'e-commerce. "Cette vision étriquée du Gouvernement est des patrons n’apportera pas le souffle nécessaire pour pérenniser le secteur de la distribution. C’est une réflexion du début, de la production de biens jusqu’à la livraison des biens (le coursier Deliveroo) qu’il faut mener".

Pour les syndicats, le travaillé est dupé par le politique qui trouve "des accords dans les salons feutrés du Kern, avec l'aide de Comeos. Nous resterons attentifs à faire respecter la convention sectorielle de 2016 signée dans les CP du commerce physique. Si le Gouvernement lâche les travailleurs, nous nous serons à leur côté. La paix sociale se gagne et pas auprès du Gouvernement en faisant du lobby".

Chaud et froid

De son côté, le patronat francophone, Comeos et UCM en tête, ont salué l'accord tombé cette nuit. "Tous nos membres ont une stratégie numérique, mais il leur manquait la flexibilité dans l'organisation du travail pour offrir une bonne alternative au commerce électronique organisé depuis l'étranger. Les avantages d'un secteur dynamique du commerce électronique en Belgique sont nombreux: plus de valeur ajoutée économique chez nous, plus d'emplois belges bénéficiant d'une rémunération et de conditions de travail correctes et plus de possibilités de livraisons locales. Ils permettront à nos villes de s'épanouir à nouveau."

Pour l'UCM, les décisions du gouvernement font preuve de mordernité et de flexibilité. Elle pointe plus particulièrement l'accord qui entoure l'économie de plateforme. "Il doit être considéré comme une victoire. La régulation dans le domaine n'impactera que certains grands acteurs". Le patronat flamand a accueilli plus froidement les nouvelles mesures, jugées insuffisantes pour atténuer les tensions sur le marché du travail et augmenter  le taux d'emploi. 

Pour la Voka, l'accord est "trop léger". Son de cloche identique d'Unizo, l'organisation des travailleurs indépendants, qui pointe une occasion manquée "de faire entrer réellement le marché du travail dans le 21e siècle".

 

Loïc Struys

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